Les partis extrémistes en colère, les autres applaudissent

Inde: 49 chefs hindous inculpés pour la destruction de la mosquée d’Ayodhaya en 1992

Lucknow/Inde, 22 septembre 1997 (APIC) Un tribunal a officiellement inculpé 49 hommes politiques et dirigeants religieux hindous pour avoir participé à la destruction de la mosquée d’Ayodhya, en décembre 1992. Ils sont accusés de conspiration criminelle, trouble à l’ordre public, incitation à la haine religieuse, dégradation d’un lieu de culte et d’offense à l’encontre des sentiments religieux d’une partie de la population. Les partis extrémistes sont en colère. Les autres applaudissent.

Parmi les inculpés figurent Lal Krishna Advani, président du Bharatiya Janata Party (BJP), principal parti d’opposition du pays, et Bal Thackeray, chef du Parti Shiv Sena (Armée de Shiva), qui gouverne la ville de Bombay. Ces deux partis politiques sont connus pour leur hindouisme militant et leurs liens avec des organisations extrémistes comme le Vishwa Hindu Parishad (VHP) et le Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), qui militent ouvertement pour l’Hindouisation complète de l’Inde.

Plusieurs autres personnalités du BJP et du VHP ont également été inculpées. Le juge J. P. Shrivastava leur a demandé de se présenter au tribunal de la ville de Lucknow, le 17 octobre 1997.

Le 6 décembre 1992, des milliers d’hindous fanatisés avaient répondu à l’appel du VHP et du BJP et s’étaient rassemblés à Ayodhya pour y détruire une mosquée du XVIe siècle, symbole, à leurs yeux, de la domination musulmane. L’empereur mongol de l’époque l’avait élevée, affirment les fondamentalistes hindous, à la place d’un temple hindou dédié au dieu Rama. L’incident avait provoqué à travers tout le pays plusieurs journées de heurts violents entre hindous et musulmans. Bilan de ces affrontements: plus de 2’000 morts.

Acharya Giriraj Kishore, du VHP, qui fait partie des inculpés, n’éprouve aucun remords: « ce que nous avons fait en décembre 1992 n’a été ni une erreur ni un crime. En fait, je suis fier d’avoir lavé une humiliation nationale ». Les dirigeants du BJP ont eux aussi réagi contre la récente décision du tribunal. Alléguant qu’ils n’ont pas conspiré en vue de détruire la mosquée.

Contrairement au BJP et au VHP. Presque tous les autres partis politiques indiens ont salué la décision du tribunal. L’Inde est très majoritairement de religion hindoue. Les musulmans, au nombre de 125 millions, forment environ 12% de la population. (apic/eda/pr)

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