Un ardent défenseur des objecteurs de conscience

Hongrie: L’Eglise catholique réhabilite le Père Bulanyi

Budapest, 22 septembre 1997 (APIC) Le Père György Bulanyi, une des plus éminentes personnalités religieuses qui s’est profilé pour le renouvellement de l’Eglise catholique hongroise , a été totalement réhabilité par les évêques hongrois et par la Congrégation romaine pour la Doctrine de la foi.

Depuis 15 ans, le Père Bulanyi, fondateur et animateur des communautés de base Bokor, ne pouvait plus exercer publiquement son ministère sacerdotal. Cette sentence de l’épiscopat voulait condamner alors certaines conceptions théologiques sur le ministère sacerdotal. Autre point de conflit avec l’épiscopat hongrois: ses divergences durant la période communiste, sur la question de l’objection de conscience.

La Conférence épiscopale hongroise a annoncé en fin de semaine dernière que les tous les reproches faits au Père Bulanyi, selon lesquels ce dernier aurait prêché une doctrine contraire à celle de l’Eglise catholique, ont été retirées. Raison de ce changement d’attitude. Le Père Bulanyi a signé une liste de doctrines basées sur le Concile Vatican II, qui ont un lien avec ce qu’il avait dit ou écrit. Le liste contient également une adjonction écrite par le Père Bulanyi concernant la définition du rôle de la conscience basée sur la déclaration conciliaire «Dignitatis humanis». Le religieux a signé cette liste en février de cette année. Puisque la Congrégation pour la Doctrine de la foi a annoncé ces nouveaux faits situation, la Conférence des évêques hongrois n’a plus aucune raison d’empêcher l’exercice publique du ministère sacerdotal du Père Bulanyi. Ce dernier, dans une première réaction, est heureux que cette «petite guerre interne» ait pu enfin trouver une conclusion satisfaisante. Il n’éprouve aucune rancune contre «ses anciens adversaires».

Défense des objecteurs de conscience

Le Père piariste, fondateur de nombreuses communautés de base, a milité longtemps en Hongrie pour le droit à l’objection de conscience. Par la parole et dans des écrits, il a soutenu des positions considérées par Rome et la hiérarchie locale comme «contraires à la doctrine de l’Eglise. La Congrégation pour la Doctrine de la foi avait déclaré entre autres qu’un livre du Père Bulanyi, intitutlé «La Constitution de l’Eglise» contenait des opinions «théologiquement dangereuses» au sujet du ministère sacerdotal. Le conflit s’était également cristalisé sur le problème de l’objection de conscience. Au temps du régime communiste, le gouvernement avait imposé à l’épiscopat une ligne dure les forçant à condamner ceux qui ne faisaient pas leur service militaire. Le Père Bulanyi plaidait alors ouvertement pour l’objection de conscience. Il regrettait alors publiquement l’attitude des évêques: «les évêques ont toujours été réfractaires à l’objection de conscience. Notre non-violence serait incompatible avec le catholicisme comme avec le patriotisme».

En avril 1988, pourtant les choses changeaient politiquement et le Père prianiste se réjouissait: «le modus vivendi que les stalinistes avaient imposé à L’Eglise touche à sa fin». L’archevêque primat de Hongrie d’alors, Mgr Laszlo Paskai, se faisait enfin le défenseur d’un service civil «pour ceux qui refusent de prendre les armes pour des raisons de conscience» (apic/kna/ba)

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