Brésil: Des pauvres sont utilisés comme esclaves, dénonce l’évêque de Cristalandia
Goiania, 22 septembre 1997 (APIC) Alors que le Brésil s’apprête à recevoir le pape du 2 au 5 octobre à Rio, dans le cadre de la IIe Rencontre mondiale des familles, Mgr Heriberto Hermes, évêque de Cristalandia dénonce le sort réservé aux travailleurs, utilisés comme des esclaves par une société de nantis qui a relégué depuis longtemps le respect, la dignité et les droits de l’homme au dernier rang de ses problèmes. Mgr Hermes se sert d’Internet pour dénoncer ce scandale devant le monde. Le site Web sur le thème de l’esclavage au Brésil peut être atteint avec « trabalho escravo ». L’adresse électronique de Mgr Hermes est actuellement « herhermesàaol.com ».
Le P. Herbert Hermes, moine bénédictin, est arrivé au Brésil en 1962, dans le cadre de l’activité missionnaire de l’abbaye de Saint-Benoît à Atchison, dans le Kansas (Etats-Unis). Au service de l’Eglise du Brésil depuis 35 ans, il est depuis 1990 évêque de la prélature territoriale de Cristalandia, dans l’Etat de Tocantins. En lien avec la Commission pastorale de la Terre (CPT) de l’épiscopat brésilien, il dénonce le sort des travailleurs esclaves.
Lorsque des pauvres ont été alléchés par des promesses fallacieuses de recevoir de bons salaires, à leur arrivée sur place, on les prive de leurs cartes d’identité. Ils doivent payer très cher le bus qui les a amenés. Ils doivent aussi se fournir dans les magasins de l’entreprise, si bien qu’ils sont continuellement endettés, s’indigne l’évêque.
Mgr Hermes travaille avec la Commission pastorale de la terre, qui dénonce ces faits. Quand il s’est rendu compte du sort fait à ces « esclaves », il a fait part de ses découvertes dans des circulaires et sur Internet. En 1995, il y avait au Brésil 26’000 travailleurs esclaves. Ces chiffres seront prochainement mis à jour. L’évêque de Cristalandia a offert de traduire en anglais le texte portugais sur le Web. « Le monde doit le savoir », estime le prélat.
« Des protestations auprès des ministres du Travail et de la Justice ont bien amené des enquêtes officielles, mais les camps sont alertés, même par la police, et lorsque les enquêteurs arrivent, les travailleurs ont été emmenés à l’intérieur pendant deux jours, les camps sont vides et vous ne pouvez rien prouver », commente Mgr Hermes.
La mauvaise image du Brésil à l’extérieur
Comme la presse est aux mains des puissants, la CPT a recours à Internet pour atteindre le monde extérieur. Mgr Hermes a été invité à participer à la rencontre entre les leaders de la marche des Sans Terre et le président Fernando Henrique Cardoso. De mauvaise foi, dit-on au Brésil, celui-ci a dit aux paysans qu’ils étaient mal informés… Il s’est plaint de l’utilisation d’Internet, ce qui donne « une mauvaise idée du Brésil ». « Je me suis rendu en Pologne pour être honoré en tant qu’intellectuel, dit-il, et la première chose qu’ils demandent, c’est à propos de la réforme agraire ». Mgr Hermes espère améliorer les capacités de son ordinateur et son lien avec Internet. Le site Web sur le thème de l’esclavage au Brésil peut être atteint avec « trabalho escravo ». L’adresse électronique de Mgr Hermes est actuellement « herhermesàaol.com ». (apic/cip/pr)
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