Etats-Unis: Œuvres d’entraide et d’Eglise victimes d’une escroquerie (100 millions de dollars)
New York, 30 septembre 1997 (APIC) Un homme de 60 ans a été condamné à 12 ans de prison pour avoir escroqué pour quelque 100 millions de dollars plusieurs associations de bienfaisance – dont nombre d’oeuvres religieuses.
De nombreuses oeuvres chrétiennes ont été les victimes de John G. Bennett Jr qui leur promettait d’énormes rapports sur des investissements à court terme. Cette opération frauduleuse, d’une ampleur encore sans précédent aux Etats Unis, a débuté en 1989 et ne fut découverte qu’en 1995. Mais bon nombre d’associations à but non lucratif, dont la réputation a été sérieusement entamée par ce scandale, continuent à souffrir de ses effets pervers.
En rendant son verdict à Philadelphie le 22 septembre, le juge Edmund V. Ludwig a expliqué que les directives fédérales prévoyaient une sentence de 24 ans d’emprisonnement pour ce genre de délit. Puis il a ajouté qu’étant donné que l’accusé avait accepté d’offrir ses biens personnels en restitution des sommes détournées et également en raison de l’état de santé du condamné dont les facultés mentales étaient « assez gravement atteintes », il avait décidé de réduire cette peine de moitié. John Bennett a décidé de ne pas contester l’accusation de fraude, avançant toutefois pour sa défense « qu’il n’avait jamais eu l’intention de porter préjudice ou de nuire à quiconque »..
Promettant à ses victimes des rapports de 100% en six mois, J. Bennett a ainsi berné de grandes universités comme Harvard et Princeton et des agences comme l’Orchestre de Philadelphie et une société de la Croix-Rouge. Il choisissait de préférence ses victimes dans le monde évangéliste conservateur et a ainsi réussi à séduire de nombreux organismes comme World Vision, Campus Crusade for Christ, le Prison Fellowship établi par Charles Colson, Fuller Seminary et enfin, l’école où Billy Graham fit ses études, Wheaton College.
L’agence créée par J. Bennett, baptisée Foundation for New Era Philanthropy (Fondation Philanthropique de l’ère Nouvelle), fonctionnait sur un principe bien connu aux Etats Unis sous le nom de « Plan Ponzi », du nom de Charles Ponzi qui inventa ce genre de concept et le mit en application entre 1919 et 1920. La formule consiste à verser aux premiers investisseurs de gros bénéfices, tirés du capital avancé par les investisseurs suivants, qui à leur tour, sont rétribués par les suivants.
Esprit persuasif
J. Bennett est également parvenu à persuader des hommes d’affaires influents, comme Laurence S. Rockefeller et l’ancien Secrétaire du Trésor, William Simon, de lui confier de fortes sommes en leur promettant de les faire fructifier et de les verser, une fois doublées, à des oeuvres religieuses et à d’autres associations à but non lucratif.
J. Bennett fréquentait les cours d’études bibliques; c’est là et dans les petits déjeuners de prières qu’il rencontrait des hommes d’affaires de haut niveau. Ayant noué des liens d’amitié avec J. Bennett, les victimes lui faisaient confiance et négligeaient de faire vérifier ses manoeuvres financières.
Depuis la révélation de cette immense supercherie, les premiers investisseurs, qui avaient fait des gains illicites, ont accepté de rendre les sommes perçues. Les investisseurs, qui avaient engagé au total plus de 100 millions, récupéreront environ 85% des sommes placées. (apic/eni/pr)
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