L’action de la Tutela Legal ne se limite pas aux droits politiques, mais s’étend aux droits économiques et sociaux. Elle prend, par exemple, la défense d’habitants expulsés de leur logement, fût-ce sous le couvert du récent décret qui autorise la police à procéder d’initiative en la matière. Un des terrains difficiles de combat pour la Tutela est le droit du travail, surtout dans les « maquilas », ces usines d’origine nord-américaine ou coréenne, qui se sont implantées au Salvador à la faveur des avantages accordés par le gouvernement, mais qui imposent aux travailleurs et surtout aux travailleuses une discipline de fer… pour un salaire de misère. Pas de sécurité sociale, ni le droit de se syndiquer. Aussi la Tutela a-t-elle offert plusieurs fois sa médiation dans des conflits sociaux. Des progrès ont été enregistrés, notamment quant à la discipline au travail. « Mais c’est tout ce que nous pouvons faire », concède Mme Hernandez.
Une action continentale
Un grand espoir de la directrice de la Tutela Legal repose sur la coordination des efforts sur le plan continental. A partir de la Conférence de Vienne en 1993, observe-t-elle, une conviction commune s’est dégagée sur la nécessité d’une action ecclésiale concertée pour les droits humains dans toute l’Amérique latine. En février dernier, le Conseil Episcopal Latino Américain (CELAM) a donc créé à Lima, au Pérou, son Département des Droits de l’Homme. L’institution d’un tel Département constitue un signe clair adressé aux Eglises locales : le travail des Commissions Justice et Paix, l’action d’organismes tels que la Tutela Legal ou le Vicariat de la Solidarité sont partie intégrante de la pastorale sociale. « Il s’agit donc d’un tournant », souligne Maria Julia Hernandez, à qui des amis allemands ont d’ailleurs confié : « Si nos Eglises avaient disposé d’une structure analogue au moment de la montée du nazisme, les choses se seraient peut-être passées autrement « . Mais plus que les hypothèses sur le passé, ce sont les assurances pour l’avenir qui importent à la directrice de la Tutela de San Salvador. A Lima, tous les droits humains ont été évoqués : les droits économiques et sociaux, les droits à la culture et à la qualité de l’environnement. La lutte doit en effet se mener sur plusieurs fronts. Mais avec des priorités. A Lima, on est tombé d’accord pour accorder cette priorité à l’éducation aux droits de l’homme. « Prévenir vaut mieux que guérir ». (apic/cip/ba)
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