Roumanie: Projet de loi devant le Parlement
Bucarest, 12 août 1997 (APIC) La querelle sur la restitution des biens ecclésiastiques qui dure depuis des années en Roumanie pourrait se trouver à un tournant. Le Parlement est actuellement saisi d’un projet de loi selon lequel chaque paroisse gréco-catholique (uniate) devrait avoir au moins une église à sa disposition. Un compromis cependant rejeté tant par les orthodoxes que par les uniates eux-mêmes.
En 1948, le régime communiste roumain a interdit l’Eglise gréco-catholique unie à Rome. Les églises et les biens ecclésiastiques ont été confisqués. Une partie d’entre eux ont été remis à l’Eglise orthodoxe. Les fidèles ont été incorporés de force à l’orthodoxie. Depuis lors et jusqu’à la chute du communisme, les gréco-catholiques ont vécu dans la clandestinité.
Dès 1990, l’Eglise gréco-catholique a retrouvé une existence légale et a réclamé la restitution des biens confisqués en 1948. Les orthodoxes ont alors refusé toute restitution automatique. Beaucoup de communautés uniates n’ont ainsi pas d’église et continuent à célébrer la messe en plein air ou dans des locaux de fortune. Selon une enquête de l’agence de presse Reuter, les gréco-catholiques n’ont récupéré jusqu’à présent que 97 des quelque 2’000 églises confisquées. En avril dernier, une résolution du Conseil de l’Europe a invité la Roumanie à régler le problème jusqu’à la fin de l’année.
Le projet de loi qui prévoit que chaque paroisse uniate a droit à au moins une église est cependant rejeté par les deux parties. Les orthodoxes y voient une immixtion de l’Etat dans les affaires religieuses. Ils estiment que la décision de restitution des églises doit être prise par référendum dans chaque communauté ecclésiastique.
Les catholiques ne sont pas satisfaits non plus car cette solution les priverait de la restitution de la totalité des biens confisqués. Ils attendent pour cela un décret du président ou du gouvernement. «Nous n’avons jusqu’à présent que reconquis la liberté de proclamer publiquement notre foi et celle de célébrer nos messes en plein air», déplore Mgr Ion Sisestean, évêque gréco-catholique de Maramures. «C’est certes un grand progrès par rapport à l’époque de la persécution, mais l’Etat doit faire maintenant le pas de rendre les biens confisqués injustement.»
Selon ses propres chiffres, l’Eglise gréco-catholique de Roumanie rassemble 1,7 million de personnes. Les chiffres officiels ne parlent que de 230’000. (apic/kap/mp)
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