Etre contre l’avortement n’est pas un délit d’opinion, dit l’épiscopat

France: Polémique autour de la visite du pape sur la tombe du Professeur Lejeune

Paris, 12 août 1997 (APIC) « Utiliser un moment de prière du pape à la mémoire d’un ami à des fins de militantisme pour ou contre l’avortement est non seulement injustifié mais aussi réducteur », estiment les évêques français. Face à la polémique suscitée par la visite de Jean Paul II, le 22 août à Paris, sur la tombe du professeur Jérôme Lejeune, connu pour sa ferme opposition à l’avortement, l’épiscopat répond fermement.

« Ne pas être favorable à l’avortement n’est pas un délit d’opinion. Il est injuste et faux de faire des amalgames entre cette attitude et les commandos anti-avortement. Le professeur Lejeune n’a jamais participé à ce type d’action ni ne l’a justifié. Il est resté en cohérence avec l’Eglise sur cette question qui invite à la réflexion, et non pas à l’invective, encore moins à la violence », souligne Mgr Bernard Lagoutte, secrétaire général de la Conférence des évêques de France.

L’attitude à ce propos de certains milieux, y compris de quelques-uns qui se disent catholiques, (dont Mgr Gaillot ndlr) est aux yeux des évêques clairement déplacée. Depuis le décès du professeur Lejeune, le pape Jean Paul II, dont il était l’ami personnel, a exprimé à plusieurs reprises à sa famille mais aussi aux évêques français son désir d’accomplir une visite sur sa tombe en signe de fidélité, d’amitié et de prière. « Le pape a le droit de se recueillir et de prier sur la tombe d’un ami », rappelle d’abord l’épiscopat.

La pensée de l’Eglise sur le respect de la vie humaine de son commencement à son terme a toujours été réaffirmée dans la fidélité à l’esprit et à la parole de l’Evangile. La vie ne se divise pas. Si l’avortement pose de nombreux problèmes au plan moral, les personnes qui y ont recours seront toujours accueillies dans l’estime, le respect, la compassion et la fraternité. A la suite du Christ dont elle rappelle les exigences de vie, l’Eglise est présente pour servir et non pas pour condamner, relève le communiqué de la Conférence des évêques.

« Le professeur Lejeune a été un scientifique éminent et reconnu. Il s’est dévoué auprès des enfants trisomiques et leurs familles.(…) Ses qualités humaines et spirituelles en ont fait un serviteur de l’humanité. Il a droit à notre estime et à notre respect », ajoute le texte.

La Conférence des évêque conclue en affirmant sa « plus grande réserve vis-à-vis de personnes ou de revues qui se disent catholiques, qui diffusent de fausses informations et prêtent à l’Eglise des conceptions qui ne sont pas les siennes ». (apic/com/mp)

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