André Fossion propose un «compagnon de route» à la catéchèse
Bruxelles, 15 août 1997 (APIC) Dans un monde occidental où la foi chrétienne est «en panne de transmission» selon les sociologues, la catéchèse ne va plus de soi. Elle est pourtant en plein renouvellement. Mais comment aider ce renouveau à passer dans le dialogue avec la culture actuelle ? André Fossion, théologien jésuite et directeur du Centre de Catéchèse et de Pastorale «Lumen Vitae» à Bruxelles, a rassemblé divers articles et prolonge la réflexion dans un nouvel ouvrage : «Dieu toujours recommencé».
On dit et on redit l’époque actuelle «sécularisée». André Fossion ne la croit pas pour autant «athée» ni tombée dans «l’indifférence religieuse». Chez beaucoup, chez les jeunes en particulier, c’est plutôt «l’indécision» qui domine. Ce qui devrait inquiéter les chrétiens, suggère l’auteur, c’est le fait que le christianisme, pour nombre de nos contemporains, est ressenti comme inadéquat par rapport à leurs conditions de vie et à leurs aspirations.
Paul VI signalait déjà cette «rupture entre l’Evangile et la culture» comme le grand drame de l’époque. Catéchistes et professeurs de religion y sont confrontés de plein fouet. Il leur arrive de trouver des passerelles pour réamorcer un dialogue. Il leur arrive aussi de buter sur des difficultés tenaces et de désespérer face à une tâche qui leur paraît toujours plus immense. Aussi l’auteur a-t-il pensé leur offrir un «compagnon de route». Non pas une méthode parmi d’autres, ni une étude à l’abri des turbulences de la pratique. Mais une réflexion qui se confronte au terrain et s’enrichit d’autres regards pour prendre du recul et ouvrir de nouveaux horizons.
Dieu reste inédit
«Dieu lui-même inspire qui tente de l’annoncer… Mieux que l’homme lui-même, il le comprend et le respecte. Il est là, toujours recommençant… Toujours recommencé.» Telle est l’inspiration qui sous-tend ce livre de «théologie pratique», dont le parcours s’étale sur trois parties.
L’observation porte d’abord sur les défis lancés à la catéchèse par la culture actuelle. Les individus s’émancipent, ils prennent leur distance par rapport aux grands systèmes de représentation du monde, ils se méfient des institutions, ils réclament de la démocratie… Autant d’attitudes typiques de la modernité qui ont modifié le rapport à la religion, à la société, à l’Eglise, aux autorités, au savoir. Ne convient-il pas, dès lors, de revoir l’ensemble du dispositif catéchétique pour entrer dans un rapport renouvelé avec la culture ambiante ? Pour en tirer même une spiritualité nouvelle ? C’est ce que propose la première partie du livre.
La deuxième partie reprend le même propos pour le creuser sous divers angles et lui trouver des «appuis théoriques». Comment envisager le travail d’inculturation en catéchèse ? Comment repenser l’articulation entre foi et vie ? Comment initier au langage symbolique ?
Enfin, retour à la pratique pour une dernière partie où le «compagnon de route» plante, dans un langage toujours accessible, plusieurs jalons pour une pédagogie renouvelée de la foi et pour une meilleure formation des catéchistes. En filigrane, l’auteur confie son espérance dans le renouveau de la catéchèse.
Ce renouveau passe par un travail sur les «représentations» pour abandonner les vues inadéquates et reconstruire peu à peu une nouvelle vision de la réalité. La catéchèse a aussi tout à gagner d’une approche renouvelée de la Bible, grâce à des outils que chacun peut s’approprier. Enfin, chacun est appelé à revisiter le témoignage fondateur porté et enrichi par la tradition ecclésiale. Car la catéchèse ne peut renoncer à la référence doctrinale ni les catéchistes s’abstenir de nourriture pour mieux offrir à manger. Autant de pistes qu’André Fossion donne au lecteur l’envie d’explorer en lui montrant concrètement où elles peuvent conduire. (apic/cip/mp)
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