Après le meurtre d’un Indien au Brésil, lettre de protestation contre l’indulgence du juge

Les fils à papa s’étaient «divertis» en brûlant un Indien

Laxisme et complaisance de la justice brésilienne

Porto Alegre, 24 août 1997 (APIC) Le Conseil de la mission parmi les Indiens (COMIN) de l’Eglise évangélique de la confession luthérienne du Brésil a adressé une lettre au Ministère de la justice pour protester contre l’indulgence d’une femme juge, Sandra de Santis Mello, envers quatre jeunes, accusés d’avoir brûlé vif un chef indien le 20 avril dernier.

Celle-ci a changé le chef d’accusation – homicide volontaire – pour celui de lésions corporelles ayant entraîné la mort. La victime, Galdino Jesus do Santos, s’était déplacée à Brasilia pour assister à une réunion de la Fondation nationale de l’Indien (FUNAI). Un soir, trouvant la porte de la pension où il logeait fermée, il avait décidé de dormir à la gare routière.

Les quatre jeunes, fils de familles riches, Eron Oliveira, Antonio de Vilanova, Tomaz de Almeida et Max Rogerio Alvarez étaient sortis pour >. En voyant Galdino Jesus do Santos endormi, ils l’ont arrosé d’un liquide inflammable et ont mis le feu.

Souffrant de brûlures au troisième degré sur 85 % de son corps, Galdino do Santos a été conduit à l’hôpital où il est décédé peu après. Les jeunes ont déclaré qu’ils ne pensaient pas que quelqu’un s’inquiéterait car plusieurs mendiants avaient été brûlés ainsi dans les rues et aucune action n’avait été intentée.

Si les jeunes avaient été jugés pour homicide volontaire, ils auraient pu encourir des peines de prison allant de 12 à 34 ans. En raison de la décision du juge, ils seront condamnés au maximum à 12 ans de prison et pourraient même être mis en liberté conditionnelle.

Le coordinateur du COMIN, le pasteur Arteno Spellmeier, a rappelé que depuis la mort de Galdino do Santos, son organisation a réclamé que justice soit faite et que cesse l’impunité pour des cas similaires. Cette affaire exige la transparence, a-t-il souligné, parce que dans ces cas, ce sont souvent des jeunes riches qui agissent, sans craindre les conséquences de leur action. Le COMIN a demandé à la FUNAI qu’elle exerce des pressions, en tant qu’organisme gouvernemental, pour que la décision du juge soit révoquée.

Deux des accusés sont fils d’un juge et d’un procureur, ce qui a certainement joué dans la décision inique de la juge, a estimé pour sa part l’avocat de l’Indien assassiné. Quant au ministre de la Justice, Iris Rezende, elle a déclaré vouloir respecter la décision du juge. Les Indiens ont d’ores et déjà annoncé qu’ils viendraient en grand nombre assister au procès.(apic/eni/pr)

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