Le cardinal Sodano interroge la quête moderne de la vérité

Italie : Congrès de Rimini pour l’amitié entre les peuples

Rome, 26 août 1997 (CIP) « En vérité, tout est bon et splendide, parce que tout est vérité », affirme un staretz russe dans un roman de Dostoïevski, qui aimait mettre de tels propos dans la bouche de grands spirituels. C’est la réflexion que le mouvement « Communion et libération » a mise en exergue de son 18e congrès annuel « pour l’amitié entre les peuples ». La rencontre d’une semaine s’est ouverte le 24 août à Rimini en Italie.

Le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican, est attendu le 30 août pour la clôture du congrès. En attendant, il se fait l’interprète du pape dans un message envoyé à Mgr Mariano de Niccoli, évêque de Rimini, à l’intention des participants du rassemblement. « La foi, souligne le cardinal, est en mesure d’éclairer toute situation humaine, en montrant les limites et les carences de certains aspects de la culture contemporaine et en indiquant en même temps la route pour y remédier »

Le secrétaire d’Etat du Vatican regrette que la pensée moderne, « contrairement à l’âge d’or de la pensée chrétienne » qu’il situe au Moyen-Age, ait cessé de « réfléchir aux données de la Révélation » et ait, du même coup, selon lui, « perdu le principe de réalité ». Car la « recherche de la certitude » passe pour les modernes, déplore-t-il, par « le doute méthodique ». Pour les anciens, rappelle le cardinal, le réel était à la fois « raison et beauté » en tant que « reflet de la Sagesse éternelle du Créateur ». Cette perception a été remplacée, constate l’auteur du message pontifical, par « l’idéologie scientiste », dont la visée serait en définitive de « conférer à la science un rôle d’alternative » face à Dieu.

Or, selon le cardinal Sodano, pareille visée ne peut que conduire l’homme à se perte. Car, en « en rayant Dieu » de sa réflexion, l’homme se prive, dit-il, de saisir « la logique profonde » du monde créé.

Ne pas céder à la tentation du nihilisme

Le cardinal relève dans la création des signes qui interpellent l’homme « scientiste » sur son « égarement » coupable. Il en veut pour preuves trois défis planétaires : « le cauchemar atomique »; « l’interrogation radicale sur l’avenir de l’homme menacé par les expérimentations génétiques » ; « la dégradation écologique qui atteint désormais des niveaux alarmants et peut-être un point de non-retour ». Poussé par la raison moderne à ne plus voir que le réel que la raison se donne, l’homme en vient à céder, note le cardinal Sodano, à la tentation du « nihilisme », qui consiste selon lui à nier la réalité de Dieu comme la réalité du mal et du péché. Tel est, dit-il, « le drame de la liberté de l’homme face à la reconnaissance positive de la réalité telle qu’elle est ». Or, ajoute le cardinal, la reconnaissance du mal et de la souffrance peuvent aussi conduire à « la reconnaissance d’un dessein miséricordieux » qui rachète « mystérieusement » le mal et la souffrance.

« Création » et « Rédemption » constituent deux pôles majeurs de la pensée chrétienne, rappelle enfin le message envoyé à Rimini. « Affirmer que la réalité est positive signifie avant tout reconnaître la vérité de la Création », précise le cardinal, qui invite à ne pas séparer de l’oeuvre de la Création le salut offert dans le Christ ressuscité. (apic/imed/cip/mp)

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