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Retrouver le chemin du dialogue et de la compréhension mutuelle
Moscou, 28 août 1997 (APIC) Le Patriarche orthodoxe de Moscou, Alexis II, et l’archevêque catholique de Vienne, Mgr Christoph Schönborn ont condamné d’un commun accord, tout prosélytisme. Lors d’une conférence de presse conjointe, tenue à l’issue de leur rencontre à Moscou, le 27 août, les deux hommes ont appelé à la compréhension mutuelle et à la patience.
La rencontre entre les deux prélats prouve que le dialogue n’est pas rompu entre catholiques et orthodoxes russes, malgré l’échec en juin du rendez-vous de Vienne entre le pape Jean-Paul II et Alexis II. A la veille du 2e rassemblement oecuménique européen de Graz, le refus du Synode de l’Eglise russe avait fait beaucoup de bruit. A Graz, le patriarche avait dénoncé avec vigueur le prosélytisme des Eglises non-orthodoxes en Russie.
L’archevêque de Vienne a rencontré Alexis II à huis-clos, pendant une demi-heure, dans la résidence du Patriarche au Monastère Saint-Daniel de Moscou. Une entrevue qualifiée de «cordiale». Alexis II a remercié Mgr Schönborn pour sa «profonde compréhension de l’orthodoxie». Mgr Schönborn a par ailleurs pris part à la célébration de la fête de la Dormition de la Vierge (Assomption) dans la cathédrale de l’Assomption du Kremlin.
La loi sur la liberté religieuse reste une pomme de discorde
La mission de Mgr Schönborn aura donc réussi à adoucir un climat tendu en Rome et Moscou. La loi sur la liberté religieuse votée par le parlement russe, la Douma et le Conseil de la Fédération, et à laquelle le président Boris Eltsine a opposé son veto, reste cependant une pomme de discorde. Le Patriarche de Moscou tient toujours à la formulation originale du préambule qui exclut l’Eglise catholique, ainsi que les protestants, des religions traditionnelles de la Russie. Seuls l’orthodoxie, l’islam, le bouddhisme et le judaïsme étant considérés comme telles.
Sur ce point, Alexis II persiste à se montrer plutôt dur par peur de perdre l’identité culturelle et spirituelle de l’orthodoxie: «La loi refusée par le Président correspond aux normes européennes. Nous voulons conserver notre profil, notre visage, l’héritage spirituel et culturel qui s’est formé en Russie durant mille ans».
La loi devrait être reprise la semaine prochaine devant la Douma. Selon le président du conseil des muftis (experts de l’islam), le nouveau préambule proposé par Boris Eltsine citerait comme religions traditionnelles le christianisme (sans référence explicite à l’orthodoxie), l’islam, le bouddhisme et le judaïsme. (apic/imed/kap/mp)
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