Rome: Nouveau code de procédure pour «l’examen de la doctrine»

Les fidèles ont droit à l’intégrité de la foi, dit le P. Georges Cottier

Rome, 29 août 1997 (APIC) Le nouveau règlement de procédure pour « l’examen des doctrines » publié vendredi à Rome « constitue un effort valable et notable pour harmoniser les exigences incontournables de la protection et de la promotion de la foi et du respect des droits du fidèle », estime dans un article distribué avec le texte le P. Velasio De Paolis. Le théologien de la Maison pontificale, le dominicain suisse Georges Cottier, relève de son côté « le droit du peuple de Dieu à recevoir le message dans toute sa pureté et son intégrité ».

Pour le canoniste, il n’y pas d’opposition entre les exigences incontournables de la protection et de la promotion de la foi et du respect des droits du fidèle. « On ne peut faire valoir les unes au détriment des autres », car « les unes et les autres répondent à la vérité, elles ne s’opposent pas, elles doivent donc être sauvegardées autant que possible ».

Cette volonté se traduit dans le texte sous trois aspects. Par le fait que l’’ordinaire, évêque ou supérieur religieux demeure d’un bout à l’autre de la procédure comme médiateur entre le théologien dont la doctrine est examinée et la Congrégation. Ensuite, par la présence du « Relator pro auctore » (défenseur) et du conseiller chargés d’assister l’auteur en question. Enfin, par le fait que les instances devant examiner la doctrine sont indépendantes les unes des autres, dans le respect du droit, de façon que l’examen soit à la fois approfondi et objectif.

Ce règlement répond en outre à une exigence d’harmonisation avec le Nouveau code de droit canon publié en 1983 pour l’Eglise latine, en 1990 pour les Eglises catholiques orientales, la Constitution « Pastor Bonus » sur la curie romaine, le droit propre de la Congrégation pour la doctrine de la foi et les réflexions ultérieures de la Commission théologique internationale sur l’Interprétation des dogmes (1989).

Le droit du peuple à recevoir le message dans son intégrité

Représentant le point de vue du théologien, le Père . Cottier souligne pour sa part que la règle d’or pour la Congrégation comme pour tout théologien catholique doit être « le droit du peuple de Dieu à recevoir le message dans toute sa pureté et son intégrité ». Il rappelle qu’en plus du sérieux de l’enquête, ce n’est jamais la personne du théologien qui est visée, mais ses positions intellectuelles « publiquement exprimées », en particulier des positions exprimées dans les médias comme étant catholiques.

Le théologien précise qu’à côté des positions qui constituent une « contestation » ou une « négation » de la profession de foi, il existe d’autres positions erronées. Il peut arriver qu’un auteur, tout en affirmant son intention de demeurer en conformité avec la foi de l’Eglise, utilise un « langage peu clair », susceptible d’interprétations erronées. Il faut alors des précisions pour éviter toute équivoque.

Certaines personnes peuvent aussi se troubler précipitamment « sans se donner suffisamment la peine de découvrir la véritable pensée de l’auteur incriminé ». La dimension de l’inculturation doit en particulier susciter la vigilance des pasteurs, souligne le théologien, lorsqu’il s’agit de « rendre le message accessible et compréhensible aux lecteurs loin des traditions culturelles chrétiennes ». C’est ce qui était en jeu dans le cas de l’oblat srilankais Tissa Balasuriya.

Le P. Cottier souligne en conclusion que, « dans chacun de ces cas, c’est à l’autorité magistérielle d’intervenir ». Et de rappeler le service commun des pasteurs, de la Congrégation romaine et des théologiens, chacun selon son degré d’autorité: « Le service de la vérité et le service de la foi du peuple de Dieu sont la raison d’être du ministère magistériel des pasteurs et du travail des théologiens. » (apic/imed/cip/mp)

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