Lausanne: Rencontre Eglises et syndicats
Lausanne, 31 août 1997 (APIC) «Répartir le travail, mais comment?» C’est autour de cette interrogation qu’une soixantaine de représentants des syndicats et des Eglises venus de toute la Suisse se sont retrouvés pour leur 13e Rencontre plénière, jeudi 28 août à Lausanne. Le sujet du jour: l’initiative fédérale dite GeGAV ou ARET: Association pour une répartition équitable du travail, qui sera lancée le 9 septembre prochain.
Cette initiative constitutionnelle vise trois objectifs: du travail pour toutes et tous, ne répartition égale du travail rémunéré et non rémunéré et la possibilité pour chacune et chacun de se former durant toute sa vie. La discussion a bien révélé le fond de la problématique: une question de valeurs et une vision de société.
En présentant l’initiative GeGAV, Denise Chervet Marshall, du Syndicat du livre et du papier (Berne), en a clairement exprimé l’objectif: lutter contre l’exclusion provoquée par le chômage. «Nous voulons provoquer un électrochoc», a-t-elle déclaré, relevant que cette initiative est «révolutionnaire», en ce sens qu’elle sort du modèle de société qui distingue travail rémunéré et travail non rémunéré et remet en question la répartition sexuelle des tâches. «Il s’agit d’oser le saut qualitatif qui donnera à la société les structures adaptées à l’évolution de son infrastructure», s’enthousiasme Denise Chervet Marshall, qui a souligné que l’initiative est conforme au principe de l’unité de la matière et relève – ce qui n’est pas le cas de bien des initiatives fédérales – d’une réelle vision de société.
Ce point de vue ne sera pas démenti par Vital Stutz, de la Fédération des associations suisses d’employés des industries mécaniques et électriques (Zurich), qui déclare: «Nous devons aujourd’hui mener une réflexion sur les valeurs, ce que nous avons négligé de faire ces dernières décennies. Cela signifie notamment que la notion de travail doit prendre en compte le travail non rémunéréé en tant qu’activité qui a un sens.»
Cependant cet aspect globalisant de l’initiative, qui est dépourvue de caractère contraignant quant à son application – contrairement au projet d’initiative présenté par l’Union syndicale suisse en janvier dernier – a précisément été au centre de la discussion. Certains ont déploré que le texte ne contienne ni donnée chiffrée, ni délais d’application. D’autres ont pressenti que ce sujet très théorique demanderait un énorme effort d’information auprès du public au moment de la récolte de signatures. Les initiants ont rétorqué qu’il serait impossible de quantifier les résultats d’un projet qui se veut être une vision de société. D’autres aspects problématiques apparus lors du débat – rôle de l’Etat, fédéralisme, déficit des finances publiques, financement de la formation continue – montrent que la discussion ne fait que commencer. (apic/spp/ba)
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