« Je continuerai à défendre le peuple car personne n’ose parler », dit l’archevêque de Lima
Lima, 2 juillet 1997 (APIC) L’archevêque de Lima, le cardinal Augusto Vargas Alzamora, accuse les membres de la majorité au Congrès de « donner le mauvais exemple » au pays, pour avoir, le 29 mai dernier, destitué trois membres du Tribunal des garanties constitutionnelles. Raison de ce limogeage: les trois magistrats s’étaient prononcés contre une candidature du président Fujimori à sa propre succession en l’an 2000.
Le pire qu’ils puissent faire (ndlr les membres de la majorité au Parlement) est de payer un « de leurs sbires pour me descendre », dit l’archevêque de Lima, qui ne mâche pas ses mots.
Le président Fujimori a déjà obligé à une modification de la Constitution pour sa seconde élection. « El Chino », ainsi nommé pour son appartenance à la communauté japonaise du pays devenue péruvienne ces 30 à 40 dernières années, passe pour les observateurs comme un véritable dictateur. Au point d’imposer au pays un troisième mandat. « Et plus », craint l’opposition.
« Quelle honte, s’est indigné l’archevêque, de voir certains législateurs exiger des autres le respect d’une loi (en l’occurrence la Constitution – ndr) et ne pas la respecter eux-mêmes ! Un peuple qui voit que le législateur ne respecte pas les lois est un peuple désorienté et il n’est pas motivé pour obéir ».
Affirmant qu’il continuerait à défendre le peuple, car « personne n’ose parler », il n’hésite pas à dénoncer: « Le pire qu’ils puissent faire est de me calomnier et de payer un de leurs sbires pour me descendre ». Et le cardinal de conclure: « Et s’il faut passer par là, Dieu soit loué: il faut bien mourir de quelque chose ! » (apic/cip/na/bim/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/perou-le-cardinal-vargas-alzamora-contre-le-parti/