Italie: Le porte-parole du Vatican, «communicateur» de l’année de «Telecom Italia»

Je ne «vends» pas le pape, «j’utilise des techniques modernes»

Rome, 3 juillet 1997 (CIP) «Mon rapport dialectique avec les médias est une caractéristique de Jean-Paul II. Mon style est celui d’un homme qui veut convaincre, et non vaincre par des formulations dogmatiques… Dans ce processus de décision, on a besoin des médias», explique Joaquin Navarro-Valls, directeur de la salle de presse du Vatican, qui vient de recevoir en Italie le prix de «communicateur de l’année» de «Telecom Italia».

J. Navarro-Valls s’exprime dans l’édition du 2 juillet du quotidien «La Repubblica» à l’occasion du prix du «communicateur de l’année» qui lui sera attribué le 4 juillet à Naples avec l’architecte italien Renzo Piano (qui est, entre autres, l’architecte du Centre Pompidou à Paris). Ce prix est décerné par Telecom Italia, la société publique de télécommunication, qui organise du 3 au 5 juillet un «Sommet de la communication» sur le thème «A trois ans de l’an 2000». Cet organisme a choisi le directeur de la salle de presse du Vatican parce que, explique-t-il, «son expérience l’appelle à se mouvoir dans les nouveaux modèles de la société d’information».

«Comment fait-on pour vendre un pape ?», demande «La Repubblica». Récusant le mot vendre, Joaquin Navarro-Valls préfère parler «des techniques d’information appelées ’agenda setting’», à savoir la méthode par laquelle les «promoteurs d’idées» réussissent à «capter l’attention maximale des médias et du public». Une question qui «affole les institutions qui ont besoin de concentrer l’attention sur elles», dit-il, un problème que le porte-parole du Vatican ne connaît pas, car «Jean-Paul II captive fabuleusement les médias, il sait répondre à leur attente».

Priorité à la télévision

Navarro-Valls reconnaît donner dans son travail la priorité à la télévision. «Certainement, il s’agit de répondre rapidement à leurs exigences et de leur garantir l’accès à l’événement. Ce que facilite l’intérêt que les télévisions portent au pape», dit-il, citant John Curry, critique de télévision du «New York Times», constatait en 1987: «Le pape maîtrise la télévision en l’ignorant», par «la non-conscience et la non-exhibition de son propre personnage».

Le secret d’un pape communicateur

Comment le pape juge-t-il la presse écrite et la télévision ? Il voit dans les médias «le nouvel aréopage où s’ouvre et se développe le débat contemporain. Il arrive que son intuition le porte à s’adresser directement au public. Quand le Vatican ne parvient pas à faire passer un message, c’est lui-même qui conseille de s’adresser directement aux gens». Quant au message central que le pape a voulu faire passer durant son pontificat, c’est, selon Navarro-Valls, «la dignité de la personne humaine, avec les significations et les obligations que cela implique».

La dernière question porte sur la fragilité actuelle du pape: n’est-elle pas en soi un message ? Réponse de son porte parole: «Je ne sais. On est ici devant des concepts comme l’authenticité, la gravité, et la vérité. Ou la sainteté».

Agé de 61 ans, Joaquin Navarro-Valls, membre de l’Opus Dei, est médecin de formation, mais il a préféré se tourner vers le journalisme. Il était correspondant à Rome du quotidien espagnol ABC quand le pape l’a appelé en 1984 à la fonction de directeur de la salle de presse. (apic/cip/imed/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/italie-le-porte-parole-du-vatican-communicateur-de-l-annee-de-telecom-italia/