Chine: Interrogations après le décès de Mgr Zong Huaide

Beaucoup d’évêques «officiels» sont reconnus par Rome

Louvain, 6 juillet 1997 (APIC) Moins d’une semaine après le retour de Hong Kong à la Chine, la question de l’avenir des catholiques en Chine reste plus ouverte que jamais. Quelles perspectives pour l’Eglise catholique en Chine ? L’interrogation est d’actualité après le décès il y a une semaine de Mgr Joseph Zong Huaide, président du Collège épiscopal catholique «patriotique» (officiel) de Chine.

Mgr Zong Huaide, évêque de Jinan et de Zhoucun, était la figure de proue de l’Eglise catholique «officielle». Président de l’Association patriotique des catholiques chinois et de la Conférence épiscopale officielle, ainsi que recteur du séminaire national de Pékin, il fut l’un des premiers évêques ordonnés sans l’aval de Rome, en 1958, rappelle dans une interview à «La Croix» le P. Gabriel Arotçarena, des Missions Etrangères de Paris, rédacteur en chef de la revue «Eglises d’Asie».

C’est après sa réhabilitation en 1981 – il avait passé dix années de rééducation dans un camp de travail de 1966 à 1976 que Mgr Zong Huaide fut appelé à la présidence de l’Association patriotique, qui venait de renaître de ses cendres après la Révolution culturelle. Peu connu à l’extérieur, il passait pour un homme très pieux, très aimable (plutôt faible de caractère, pour ses ennemis), un homme de compromis. Selon le P. Arotçarena, il était très proche de Liu Bai Nian, ancien séminariste, laïc secrétaire de l’association patriotique, vice-recteur du séminaire national, «considéré comme le porte-parole du Parti Communiste dans l’Eglise catholique».

Une communion de coeur avec Rome

Sous le mandat de Mgr Zong Huaide, souligne le rédacteur en chef de la revue «Eglises d’Asie», beaucoup de séminaires ont été ouverts, des couvents et des centaines d’églises rendus à l’Eglise catholique, et le culte a été rétabli dans pratiquement toute la Chine.

Pour le P. Arotçarena, le clivage qui sépare les catholiques chinois vient d’une conception tant des relations avec le pape qu’avec le gouvernement. Mais, précise-t-il, beaucoup d’évêques dit «officiels» sont en fait reconnus par Rome. «Au moment même de leur ordination, beaucoup ont exigé que, parmi les évêques qui les ordonnaient, en figure au moins un qui soit reconnu par Rome. On peut dire aujourd’hui qu’une bonne moitié des évêques officiels chinois sont reconnus par Rome. Ce n’était pas le cas de Mgr Zong Huaide». (des sources tiennent pourtant pour probable qu’il a fait de lui-même la démarche de demande sa reconnaissance à Rome- ndr).

Qu’attend l’Eglise de Chine des Eglises européennes ? «Par idéologie, on peut être tenté de limiter ses relations à l’Eglise «clandestine», ou, par facilité, à l’Eglise «officielle», répond le P. Arotçarena. Mais l’Eglise universelle doit travailler à la réconciliation entre ces Eglises, notamment en répondant à leurs demandes de formation de jeunes prêtres». Selon la Fondation Verbiest à Louvain, une cinquantaine de jeunes séminaristes chinois, «clandestins» et «officiels», poursuivent actuellement leurs études en Europe: 15 en Italie (à Rome et à Milan), 12 en Belgique (à Louvain), 10 en France (la plupart à Paris), une dizaine en Allemagne (à Sankt-Augustin, près de Bonn).

Une réconciliation des catholiques chinois est-elle envisageable à vue humaine ? Pour le P. Arotçarena, le problème est «surtout d’ordre politique», car «la très grande majorité des catholiques chinois est en communion de coeur avec Rome». (apic/cip/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/chine-interrogations-apres-le-deces-de-mgr-zong-huaide/