Pas d’eucharistie présidée par des laïcs dans le diocèse de Bâle
Soleure, 7 juillet 1997 (APIC) Les initiateurs de «Pentecôte 1999», dans le diocèse de Bâle, n’ont pas l’intention de faire présider l’eucharistie par des personnes non ordonnées pour pallier le manque de prêtres. Ils l’ont fait savoir dimanche dans un communiqué après une rencontre de plusieurs heures la semaine dernière avec l’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch. Le groupe d’initiative «Pentecôte 1999» souligne ne pas vouloir lancer des actions menant à un schisme, mais rechercher des solutions responsables pour aider les paroisses en situation de détresse.
Dans le diocèse de Bâle, quelques responsables de paroisse laïcs ont annoncé le mois dernier leur volonté de présider eux-mêmes l’eucharistie dès Pentecôte 1999, arguant du manque de prêtres. Ce projet a fait vivement réagir plusieurs évêques suisses, dont l’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, qui a qualifié ce projet d’»acte menant au schisme».
Mgr Koch, dans une lettre adressée fin juin à l’hebdomadaire catholique conservateur «Schweizerische Katholische Wochenzeitung», affirmait que c’est sa «principale responsabilité d’évêque d’empêcher ce projet de Pentecôte 1999, grâce à beaucoup de travail de persuasion, de dialogue et de prière». Mgr Koch relevait que si ce projet était mis en œuvre, ce serait dans l’Eglise catholique du diocèse de Bâle «un déchirement tel que nous n’en avons plus connu depuis le Kukturkampf au siècle dernier. Tous les gens raisonnables devraient avoir le souci et le devoir d’éviter une telle épreuve». Dans une interview accordée à l’APIC à la veille de son départ de Berne, Mgr Karl-Josef Rauber, ancien nonce apostolique en Suisse, déclarait sans ambages que ce projet de «Pentecôte 1999» mènerait inéluctablement au schisme.
Un «cri de détresse» face au manque de prêtres
L’idée de «Pentecôte 1999» remonte à un cours de formation continue des personnes engagées dans la pastorale des décanats de Baden-Wettingen, Brugg et Zurzach en septembre 1995. C’est à cette occasion que les participants ont rédigé un texte qui se voulait un «cri de détresse des responsables de paroisses» (Gemeindeleiter et Gemeindeleiterinnen, dans la terminologie alémanique). Ils voulaient exprimer qu’en tant que responsables de paroisse engagés dans la pastorale ils avaient «perdu patience» d’attendre que les conditions pour l’accès à l’ordination changent pour leur permettre de célébrer les sacrements de l’Eglise avec la communauté. Selon le communiqué, le slogan «Pentecôte 1999» était lié à la vision concrète d’obtenir des changements encore dans le courant de ce siècle.
Dialogue de «clarification» avec Mgr Kurt Koch
Ce dialogue de «clarification» entre les initiateurs de «Pentecôte 1999» et leur évêque a donc permis d’éviter l’épreuve de force. Le groupe d’initiative a ainsi clairement fait savoir que «Pentecôte 1999» ne signifie pas que des laïcs présideront l’eucharistie dès cette date symbolique. Cependant, étant donné que la possibilité de célébrer régulièrement l’eucharistie dans les paroisses devient rapidement plus restreinte, «il faut que quelque chose se passe maintenant, car il y a également toujours moins de prêtres auxiliaires disponibles». D’autre part, ces prêtres qui viennent de temps en temps ont souvent eux-mêmes peu de contacts avec les paroisses visitées. Les deux côtés – tant du côté des théologiens laïcs que de l’évêque – se sont engagés à rechercher des solutions pour l’avenir et à prendre des mesures concrètes à divers niveaux pour faire face au manque de prêtres dans les paroisses. (apic/gs/job/be)
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