Hong Kong: Pas d’intrusion étrangère dans les affaires religieuses de Chine»!

« Protestantisme associé malheureusement à l’expansion coloniale »

Hong Kong, 15 juillet 1997 (APIC) Des responsables d’Eglises de Chine – de la Chine continentale et de Hong Kong – ont laissé entendre que toute tentative d’interférence de la part d’Eglises étrangères dans les affaires des chrétiens protestants de Chine continentale serait « désastreuse ».

Même si les chrétiens ne représentent qu’un très faible pourcentage de la population chinoise (1,2 milliard d’habitants), les Eglises connaissent une croissance rapide. Lors du Forum sur la Chine, organisé par la Fédération luthérienne mondiale (FLM) dans le cadre de sa neuvième Assemblée, les responsables d’Eglise ont rappelé que le ministère pastoral et la promotion du christianisme en Chine continentale devaient rester l’affaire des chrétiens chinois.

Ce Forum a mis en évidence la préoccupation des Chinois du continent, notamment les chrétiens, qui craignent que Hong Kong n’essaie de changer le reste de la Chine. Hong Kong est déjà une cause d’inquiétude pour les Eglises de Chine continentale, car le territoire a été utilisé par certaines organisations religieuses comme point de lancement pour des activités missionnaires illégales sur la Chine continentale.

« Cela peut conduire au désastre »

Tso Man-kong, le secrétaire général du Conseil chrétien de Hong Kong, principale organisation œcuménique de l’ancienne colonie, a lancé une mise en garde: « Si les gens essaient de communiquer avec l’Eglise de Chine en ne suivant ni lignes ni principes directeurs, cela peut conduire au désastre. » « Les aspects négatifs survenus avec l’arrivée des missionnaires incitaient certains Chinois à percevoir le christianisme comme une religion étrangère », un produit du capitalisme et de l’impérialisme, et peut-être aussi du militarisme. »

Dans son allocution, Bao Jia-Yuan, secrétaire général adjoint du Conseil chrétien de Chine, de Nanking, la principale organisation protestante du pays, a déclaré que « le christianisme protestant est arrivé en Chine au début du XIXe siècle, malheureusement associé à l’expansion coloniale occidentale. Après cent ans d’efforts de missionnaires soutenus par 70 différentes confessions, il y avait à peine un million de chrétiens avant la libération de 1949. »

« Le départ des missionnaires et les grandes mutations dans la société après la libération ont poussé les dirigeants d’Eglises protestantes à chercher des moyens pour rendre l’Eglise vraiment autochtone », a-t-il dit.

Le Conseil chrétien de Chine, organisme « post-confessionnel » protestant qui fonctionne comme Eglise et Conseil, et l’Association patriotique catholique chinoise autorisée par le gouvernement, affirment officiellement le principe de « non-subordination » aux Eglises hors de Chine – c’est-à-dire qu’ils ne reconnaissent pas l’autorité de dirigeants étrangers comme le pape. Un évêque catholique romain coadjuteur de Hong Kong, Mgr John Tong Hon, participait à ce Forum. En réponse à une question posée au Forum, il a fait observer que les principes de « l’identité chinoise » présentaient quelques difficultés pour les catholiques de Chine, parce « qu’être unis avec le pape fait partie intégrante de la foi dans l’Eglise catholique ».

« Heureusement, a-t-il ajouté, de nos jours, époque de plus grande tolérance, les catholiques de Chine ont été autorisés à prier ouvertement pour le pape. Ils ne sont pas autorisés à avoir des contacts directs avec l’Eglise de Rome mais peuvent les exprimer par des lettres et des visiteurs. Nous savons que 90 % des catholiques de l’Eglise autorisée et de l’Eglise souterraine acceptent l’autorité du pape. » (apic/eni/ba)

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