Yamoussoukro, le revers de la médaille

Côte d’Ivoire: la ville de Yamoussoukro a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

De notre envoyé spécial Pascal K. Dotchevi

Yamoussoukro, 15 juillet 1997 (APIC) La deuxième rencontre internationale des prêtres de Yamoussoukro, qui s’est achevée en Côte d’Ivoire le dimanche 13 juillet, a donné un coup de projecteur sur la face cachée de la ville. Entre le faste des nouvelles constructions et sa réalité sociale, Yamoussoukro offre une image contrastée. La basilique de «Notre Dame de la Paix» a ses dorures, sa croix culminant à 158 mètres, mais les services de voirie de la ville restent défaillant. On y trouve des routes larges, bien goudronnées, mais peu d’automobiles…

Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d’Ivoire, est une petite ville de 100’000 habitants. C’est aussi le village natal de l’ancien président Houphouët-Boigny. Celui-ci y a fait construire la célèbre basilique entre juillet 1986 et septembre 1989. Le pape Jean-Paul II l’a consacrée le 10 septembre 1990. Depuis son ouverture au public en 1991, on a compté 1’444’800 visiteurs. L’architecture de «Notre-Dame de la Paix» s’inspire de celle de la basilique Saint Pierre de Rome. On y retrouve même une copie de la célèbre colonnade du Bernin. Le bâtiment est entouré d’un jardin de 37 hectares, des avenues de marbre et de granit mènent à une esplanade pouvant accueillir plus de 150’000 personnes. 18’000 personnes peuvent prier côte à côte dans la basilique la plus haute du monde.

Hong Kong: Le premier archevêque orthodoxe prêt à «partir de zéro»

La vision d’une «orthodoxie mondiale» de Bartholomée Ier

Hong Kong, 15 juillet 1997 (APIC) «Il faut partir de zéro», voici comment le métropolite Nikitas parle de la tâche qui l’attend depuis sa nomination en janvier comme premier archevêque de Hong Kong et de l’Asie du Sud-Est, avec juridiction dans tous les pays de l’Asie de l’Est à partir de l’Inde, à l’exception de la Corée et du Japon.

L’archevêque Nikitas représente le Patriarcat œcuménique Istanbul à la 9ème Assemblée de la Fédération luthérienne mondiale à Hong Kong. Dans une interview accordée à l’agence de presse œcuménique ENI, il explique que la décision de sa nomination s’inscrit dans la vision d’une «orthodoxie mondiale» conçue par le patriarche œcuménique, Bartholomée Ier.

«On ne peut parler de christianisme sans la présence orthodoxe et l’on ne peut offrir le christianisme sur un plateau sans l’orthodoxie», a-t-il déclaré à ENI. «Le patriarche considère cette initiative comme un moment historique. Les yeux du monde sont aujourd’hui braqués sur la Chine et sur cette ville. Le patriarche est un homme de vision, il est profondément conscient de la réalité mondiale.» La Chine est un pays très important, a ajouté le métropolite, et «Hong Kong est la porte qui ouvre sur l’Asie et la Chine».

Présence orthodoxe en Asie

Le métropolite Nikitas, âgé de 42 ans, est originaire de Floride, aux Etats-Unis, et il exerçait son ministère auprès des orthodoxes de Chicago, avant son élection en décembre dernier. Il ignore encore combien d’orthodoxes dépendent de son ministère. «Il y a des orthodoxes en Inde – plusieurs milliers dans la région de Calcutta, en Indonésie, à Singapour, aux Philippines et ailleurs. Et ce sont des prêtres locaux qui entourent ces communautés.»

Le nouveau métropolite a un bureau, mais pas d’église, et il envisage plusieurs possibilités pour célébrer les services religieux. (Actuellement, c’est dans un couvent catholique romain que se tiennent les services orthodoxes). Au journaliste d’ENI qui faisait allusion aux spéculations circulant dans les médias et les milieux ecclésiastiques sur la situation des droits en Chine et l’avenir de Hong Kong, le métropolite Nikitas a répondu que «nous ne sommes pas ici pour faire des déclarations politiques mais pour prêcher l’Evangile. Parfois, nous nous sentons tellement concernés par la théologie de la libération, que nous oublions que le Christ est venu pour nous libérer du péché. C’est un des facteurs d’équilibre que l’Eglise orthodoxe peut apporter, par exemple, au Conseil œcuménique des Eglises.»

Des Asiatiques prisonniers de la tradition occidentale ?

Sur les difficultés rencontrées par des chrétiens en certaines régions de Chine, le métropolite a rappelé qu’ils pouvaient prêcher l’Evangile et qu’il jugerait de la situation lors de sa prochaine visite en Chine continentale. Par ailleurs, il se déclare impatient de parler aux Asiatiques de la spiritualité orthodoxe qui, selon lui, est particulièrement adaptée à leur culture. «Les Asiatiques sont prisonniers de la tradition occidentale», a-t-il ajouté en soulignant qu’à la différence des missionnaires occidentaux partis en Afrique, les orthodoxes «n’ont jamais essayé de détruire une culture là où ils allaient. Nous ne ferons pas cela ici. Nous voulons seulement apporter le christianisme.» (apic/eni/be)

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