Sexualité et personnes handicapées
ne sont pas condamnées à la chasteté !
Rome, 17 juillet 1997 (APIC) Il vaut mieux que les personnes handicapées s’abstiennent d’exercer leur « génitalité » (d’avoir des enfants), avait suggéré une doctoresse catholique italienne. Il ne leur reste donc qu’à se faire stériliser, en avait conclu le journal londonien « The Times ». « Grotesque », vient de protester Mgr Elio Sgreccia: un handicapé peut se marier. Il peut même avoir des enfants.
« Il est préféérable que la personne souffrant d’une pathologie qui est source d’un handicap physique génétiquement transmissible renonce à une activité sexuelle en vue de la reproduction, pour vivre et « inventer » une vie sexuelle de façon sublimée et transcendante », écrivait le docteur Maria Cristina Baldacci. Son article, intitulé « Bioéthique et sexualité chez la personne porteuse d’un handicap », a été publié dans la revue « Medicina e Morale », revue de l’institut de bioéthique, de morale et de déontologie médicale de l’Université catholique de Sacré-Coeur (Rome), dont le recteur est Mgr Elio Sgreccia.
Le quotidien « The Times » a évoqué l’article, en faisant dire à la doctoresse que son point de vue était « en totale conformité avec l’enseignement de l’Eglise ». Et en ajoutant ce commentaire: « Les handicapés qui sont incapables de s’abstenir de sexe n’ont plus qu’à envisager la stérilisation ».
Une interprétation « grotesque », répond Mgr Sgreccia, qui est le directeur de la revue « Medicina e Morale ». Et de préciser: « our notre part, nous avons de toute façon condamné l’hypothèse d’une stérilisation, même dans le cas de maladies mentales ».
« Le handicapé, ajoute Mgr Sgreccia, peut se marier au même titre que n’importe qui, pour autant que soient remplies, comme chez les autres, les conditions de validité du mariage. Il peut, comme les autres fidèles, renoncer au mariage, s’il désire faire ce sacrifice pour un bien qu’il juge supérieur, et c’est le sens de la suggestion faite par Baldacci à celui qui se sent capable de l’accueillir.
La personne handicapée peut mettre au monde des enfants, si les conditions de la fertilité sont réunies, avec l’intention d’accueillir un enfant, même s’il devait être handicapé; si au contraire il ne désire pas avoir d’enfants, il peut vivre la relation conjugale honnêtement, en recourant aux méthodes dites d’abstinence périodique ».
Maria Cristina Baldacci écrivait de son côté: « La promotion d’un authentique amour fondé sur l’amitié: tel est le défi à relever dans ce domaine complexe de la souffrance humaine. Un tel amour deviendra pour la personne porteuse d’un handicap (génétiquement transmissible) une alternative à l’exercice de sa sexualité et une façon concrète de relever le défi qui, pour les chrétiens, s’appelle vocation. L’amitié avec beaucoup et, là où c’est possible, en Dieu ! » (apic/cip/pr)
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