Genève: Débat sur l’élargissement de l’Union européenne
« véritablement paneuropéenne »
Genève, 20 juillet 1997 (APIC) Au moment où l’Union européenne (UE) annonce le projet d’élargir l’Union à un certain nombre de pays de l’ancien bloc soviétique, le nouveau secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes (KEK) estime que les Eglises peuvent offrir une perspective « véritablement paneuropéenne » dans le débat sur l’élargissement de l’Union européenne (UE).
Keith Clements, pasteur baptiste britannique qui succédera à Jean Fischer au poste de secrétaire général de la KEK dès le 1er septembre, a insisté sur le risque qu’il y avait de parler de « l’élargissement de l’Europe » en imaginant que le reste des pays européens deviendraient ipso facto pareils aux pays de l’EU.
Alors qu’il existe une « convergence » en plusieurs domaines, a-t-il dit, il y a le danger que « certaines idéologies et forces économiques, en se libérant, portent atteinte à ces sociétés et ne servent pas réellement les intérêts de l’homme, sa dignité et ses droits ».
Jacques Santer, président de la Commission européenne – instance exécutive de l’EU – a annoncé le 16 juillet à Strasbourg la proposition d’ouvrir les négociations au début 1998 avec cinq pays d’Europe centrale – la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovénie et l’Estonie, ainsi qu’avec Chypre. L’EU compte actuellement 15 membres, tous d’Europe occidentale.
Keith Clements, interviewé au début juillet après la 11e Assemblée générale de la KEK à Graz, en Autriche, a souligné que les Eglises avaient « une chance unique d’introduire la conscience véritablement paneuropéenne dans les débats qui se déroulaient à Bruxelles et à Strasbourg ».
123 Eglises membres
La KEK, fondée en 1959, compte 123 Eglises membres – principalement anglicanes, protestantes et orthodoxes de toute l’Europe, entre autres de la Russie et de plusieurs anciennes Républiques soviétiques. Au temps de la guerre froide, la KEK avait joué un rôle-clé en établissant un rapprochement entre les Eglises d’Europe orientale et occidentale. Aujourd’hui les responsables de la KEK espèrent que l’organisation pourra aider les Eglises européennes à faire entendre leur voix dans le cadre d’institutions politiques du continent telles que l’Union européenne, le Conseil de l’Europe et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.
L’Assemblée générale de la KEK a pris les décisions nécessaires à l’intégration de la Commission oecuménique européenne pour Eglise et société (EECCS), qui a des bureaux à Bruxelles, siège principal de l’Union européenne, et à Strasbourg, où se trouve le Conseil de l’Europe.
« Je pense qu’en ce moment précis où l’EU regarde à l’Est et parle de l’élargissement, les Eglises membres de la KEK ont l’occasion et la responsabilité de pouvoir représenter les intérêts de l’ensemble de l’Europe auprès de l’EU et dans le débat sur l’élargissement », a-t-il fait remarquer.
Keith Clements, né de parents missionnaires en Chine est, jusqu’à ce jour, responsable des relations internationales au Conseil des Eglises de Grande-Bretagne et d’Irlande (CCBI). Il a été pasteur de paroisse pendant dix ans. Professeur de théologie durant les treize années suivantes, il est entré au CCBI il y a sept ans. Il sera le troisième secrétaire général de la KEK, après Glen Garfield Williams et Jean Fischer. (apic/eni/ba)
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