Accusations montées de toutes pièces, affirme un témoin

Arabie Saoudite: Deux chrétiens philippins décapités à Riyad

Riyad, 23 juillet 1997 (APIC) Les deux chrétiens philippins décapités le 4 mai à Riyad, en Arabie Saoudite, ont été suppliciés non pour l’accusation de vol, mais en raison de leur témoignage chrétien, affirme aujourd’hui un ancien compagnon de détention des deux philippins.

Le 5 mai dernier, le journal saoudien « Al Jazeerah » faisait état de l’exéction, la veille, de deux ressortissants philippins, déclarés coupables et décapités selon le décret 4/462 de la Cour suprême de justice d’Arabie Saoudite pour vol à main armée. Les deux hommes étaient accusés d’avoir frappé un employé d’une boutique à Riyad au moyen d’une barre de fer.

L’Arabie Saoudite applique strictement la loi islamique en exécutant publiquement les personnes accusées de meurtre, de trafic de drogue, de viol ou de vol à main armée. La loi du silence qui règne dans le monde et les médias occidentaux a encore permis à ce pays d’exécuter sans la moindre protestation 21 personnes en l’espace de 26 jours, dénonçait Amnesty International dans un communiqué publié le 23 mai 1997.

Selon, Donato Lama, emprisonné dans la 4e section de la prison Al-Malaz avec Janda et Beltran, les deux suppliciés, jusqu’à sa sortie de prison le 28 mars, les accusations de vol à main armée contre les deux catholiques philippins ont été fabriquées de toutes pièces. Informaticien pour la compagnie Saudi Airlines, Donato Lama a été arrêté suite à la découverte, par la police, d’une photo le montrant en prière avec d’autres expatriés chrétiens à Riyad, le jour de Noël 1984. Accusé d’avoir propagé le christianisme en Arabie Saoudite, le pays dans lequel il ne fait pas bon montrer ne serait-ce que le clocher d’une église, il a été enfermé dans la même prison que Janda et Betran.

Après les exécutions de ces derniers, un autre co-détenu, Philippin également René Camahort, a fait passer une lettre à l’extérieur de la prison Al-Malaz confirmant la raison de du supplice des deux hommes. Son courrier du 20 mai dernier rapporte en effet que Janda avait commencé des études bibliques dans la cellule. « Comme vous le savez, il est interdit aux chrétiens de prier ici. Néanmoins, Janda ne s’est pas laissé intimider, bien qu’il ait été enfermé de nombreuses fois en cellule d’isolement ». René Camahort écrit que les prisonniers de la 4e section passent par des temps difficiles et sont tous tendus après les exécutions du 4 mai. (apic/cd/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/arabie-saoudite-deux-chretiens-philippins-decapites-a-riyad/