Visite du pape Jean Paul II en Pologne

APIC – Reportage

Appel œcuménique d’une rare intensité à son arrivée à Wroclaw

De notre envoyé spécial Jean-Marie Guénois

Wroclaw, 1er juin 1997 (APIC) C’est par un appel oecuménique d’une rare intensité et une invitation appuyée à la réconciliation nationale que le pape Jean Paul II a entamé samedi sa visite de 11 jours – la 7e depuis 1979 ! – dans sa patrie, la Pologne. Visiblement ému de retrouver le sol natal, le Souverain pontife a été salué à son arrivée à l’aéroport de Wroclaw par le président polonais, l’ex-communiste Aleksander Kwasniewski, et la hiérarchie catholique du pays, emmenée par cardinal Henryk Gulbinowicz, archevêque de Wroclaw et le cardinal primat de Pologne, Jozef Glemp.

Le mauvais temps -une pluie froide – qui a accueilli le pape à Wroclaw, au sud-ouest du pays, n’a pas découragé , le président de la République polonaise Aleksander Kwasniewski laisse entendre que la signature du Concordat n’est plus qu’une affaire de .

La démocratie a besoin de la voix de la conscience

Reste que la Pologne se sent divisée. En accueillant son illustre compatriote à l’aéroport, le président de la République l’a reconnu publiquement : . Adam Michnik, militant d’origine juive et directeur de La Gazeta, le journal intellectuel de gauche, n’écrit-il pas dans son éditorial du matin même: >.

Le pape rappelle qu’il vient , car >

Cette volte-face a irrité le cardinal Glemp, primat de Pologne et président de la Conférence épiscopale. Il a déclaré le 29 mai que le , aboli comme système de gouvernement, était > – fondée selon le cardinal sur .

Jean Paul II a-t-il abordé ce sujet avec le président Kwasniewski, un ex-communiste ? Ils se sont rencontrés en tête-à-tête dans l’après-midi du 31 mai, après une liturgie de la parole présidée par le pape dans la cathédrale de la métropole, capitale administrative et culturelle de la Basse Silésie. En tout cas, et contre toute attente, le président est venu assister à la rencontre oecuménique qui a suivi, dans l’immense hall de Wroclaw, la quatrième ville de Pologne.

Plus possible de faire marche arrière sur le chemin de l’œcuménisme

A l’applaudimètre – le pape étant bien entendu hors concours -, ce sont le métropolite Damaskinos, représentant le patriarche oecuménique de Constantinople, et le représentant de la religion juive, qui ont été les plus salués. Le patriarche de Moscou Alexis II était représenté par l’exarque Théophane de Berlin. Aucune confession chrétienne de Pologne ne manquait à l’appel.

Un éternuement du pape, suivi aussitôt d’un second, a déclenché un éclat de rire général. Jean Paul II n’a pas raté l’aubaine: Propos accueilli par un nouvel éclat de rire dans cette salle à la foule chaleureuse mais à l’architecture glaciale qui a vu des orateurs comme Hitler et Brejnev.

La réconciliation, Jean Paul II entendait la placer au coeur de son message oecuménique, dont le ton et la force ont été rarement atteints ces dernières années. , a-t-il lancé, car sans réconciliation l’annonce de l’Evangile ne peut être crédible. Evoquant le second Rassemblement oecuménique européen qui aura lieu à Graz du 23 au 29 juin prochains, il a expliqué:

Et le pape de poursuivre:

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