Suisse: La Conférence des évêques espère une pacification dans l’Eglise suisse
Berne, 5 juin 1997 (APIC) Les problèmes qui agitent le diocèse de Coire n’étaient pas à l’ordre du jour de la Conférence des évêques suisses (CES), qui a tenu cette semaine sa 236e assemblée ordinaire à l’abbaye d’Einsiedeln. Il n’y a aucune «nouveauté décisive» à ce propos, a déclaré jeudi à Berne Mgr Ivo Fürer, évêque de St-Gall. Mgr Henri Salina, président de la CES, a souligné pour sa part que le problème n’a pas été mis dans un tiroir à Rome et qu’il y a «une recherche vraie de solution heureuse pour tout le monde». L’évêque-abbé de St-Maurice souhaite que l’on fasse des progrès dans la direction de la paix à l’intérieur même de l’Eglise.
Dans ce contexte, Mgr Salina a rendu un hommage appuyé au nonce apostolique à Berne, Mgr Karl-Josef Rauber, déplacé ce mois-ci à Budapest. «Il a fait un passage remarquable chez nous» et a été d’un grand secours pour l’Eglise en Suisse. Le remplacement du nonce ne relève pas de la compétence de la Conférence épiscopale mais se traite au niveau du Saint-Siège et de la Confédération, remarque le président de la CES. La Suisse devrait avoir bientôt un nouveau nonce, probablement dès septembre prochain. La CES a l’assurance que le successeur de Mgr Rauber sait l’allemand, condition indispensable pour comprendre les documents et suivre les affaires suisses.
Questionné sur un éventuel «deal» – le départ de Mgr Rauber aurait pour corollaire le déplacement de Mgr Haas du siège de Coire – , Mgr Salina n’a pour le moment aucun élément pour étayer une telle hypothèse, plausible aux yeux de beaucoup. Le président de la CES précise que «le problème est encore en réflexion maintenant». Il espère que l’on pourra prochainement parvenir à une certaine pacification concernant les tensions à Coire.
700 jeunes Suisses avec le pape aux JMJ à Paris
L’»affaire Haas» n’était cependant pas le plat de résistance de la CES. Les évêques ont notamment accueilli leurs deux délégués au VIe Forum international des Jeunes, qui précède les XIIe Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) qui se tiendront à Paris du 18 au 24 août prochain. Répondant à l’appel du pape Jean Paul II, qui sera présent les trois derniers jours, plusieurs centaines de milliers de jeunes du monde entier sont attendus dans la capitale française. Parmi eux, logés dans le diocèse d’Evry, 700 jeunes de Suisse, dont 400 de Suisse romande, 100 du Tessin et seulement 200 de Suisse alémanique. Au niveau des structures de la pastorale des jeunes en Suisse allemande, on est en fait peu motivé. La mentalité alémanique est telle en ce moment qu’il est difficile de gagner les gens pour de tels événements, a précisé le Père Roland-B. Trauffer, secrétaire de la CES.
Avec un enthousiasme communicatif, Anne-Claire Rivollet, déléguée de la Romandie, et Luca Brunoni, du Tessin, ont souligné les priorités des jeunes pour ces JMJ, en particulier créer des liens d’amitié entre les délégués, échanger des expériences et des témoignages dans le domaine de la pastorale des jeunes au niveau mondial, discuter des problèmes de l’Eglise dans la société actuelle. Luca Brunoni espère que les jeunes rentreront à la maison motivés pour s’engager davantage dans leurs Eglises locales. Au Tessin, où la pastorale des jeunes est vivante, les jeunes se retrouveront autour de leur évêque le 14 juin prochain sur le Monte Tamaro. Les délégués espèrent populariser l’idée d’une rencontre des jeunes avec leurs évêques pour toute la Suisse.
«Le samedi 23 et le dimanche 24 août, nous serons avec des jeunes du monde entier à l’hippodrome de Longchamp pour rencontrer le pape, pour prendre de l’élan et des forces nouvelles afin de retourner chacun dans nos pays, dans nos régions, rapporter l’espérance que nous aurons vécue», lance Anne-Claire Rivollet. Elle espère que les jeunes trouvent leur place dans l’Eglise – ce qui n’est pas évident dans la société actuelle – et que les gens d’Eglise puissent également entendre les demandes des jeunes. Les jeunes parlent librement de ce qui les préoccupe; ils ne se laissent pas enfermer dans des schémas tout faits, précise-t-elle. A l’Eglise aussi de les entendre!
La CES in corpore en septembre chez le pape à Rome
Début septembre, la CES «in corpore» se rendra à Rome pour la traditionnelle visite «ad limina», le pèlerinage aux tombeaux des apôtres Pierre et Paul que les évêques catholiques effectuent tous les cinq ans. Au cours de leur assemblée d’Einsiedeln, ils ont préparé les sujets à traiter avec le pape et les Congrégations et Conseils romains.
La Commission «La Femme dans l’Eglise» (CFE) de la Conférences des évêques – qui est la seule Commission systématiquement intégrée aux travaux des assemblées de la CES et qui y apporte la sensibilité féminine – a pu faire partager certaines de ses préoccupations, comme le diaconat féminin. A l’instar des pays voisins, la CES est constamment interpellée à ce propos, rappelle Mgr Salina. Les évêques vont rappeler à Rome que ce sont des thèmes qui doivent être étudiés, «car il y a peut-être là derrière une motion de l’Esprit qui nous pousse à approfondir ces questions». La CES poursuivra également la réflexion sur l’ordination des hommes mariés, les «viri probati», avec la Congrégation pour le clergé.
Les évêques suisses aborderont la question de la pratique sacramentelle avec la Congrégation pour la doctrine de la foi. Avec la Congrégation pour les évêques le problème du ministère épiscopal aujourd’hui et l’importante question de la collégialité épiscopale. «Cette collégialité, mise en lumière particulièrement par le Concile Vatican II, prend un peu de temps à mûrir», souligne Mgr Salina. Ce dernier souhaite aussi faire part à Rome des desiderata suisses en matière de nominations épiscopales et de procédures de consultation. Domaine où, pour le président de la CES, «il y a encore des progrès à faire». (apic/be)
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