Polémique entre l’archevêque anglican du Cap et un ministre

Afrique du Sud: Violence dans une prison du Cap

East London, Afrique du Sud, 8 juin 1997 (APIC) – L archevêque anglican du Cap et responsable de l’Eglise de la province d’Afrique australe est aujourd’hui au centre d’une polémique dirigée contre le ministre responsable de l’administration pénitentiaire. Il demande ni plus ni moins la démission de ce dernier.

L archevêque Nongonkulu Ndungane a réclame l’ouverture d’une enquête et le renvoi immédiat du ministre, Sipo Mzimela, à la suite des événements qui ont vu 156 gardiens d’une prison de la banlieue du Cap se déchaîner contre des prisonniers, en les tabassant sérieusement. Les prisonniers ont affirmé que les gardiens, portant des cagoules, les ont battus et dépouillés de leurs biens lors d une fouille effectuée pour trouver des armes et des munitions.

L archevêque a aussi révélé qu’au début de l’année, le ministre et le commissaire chargé des services pénitentiaires avaient encouragé les gardiens à traiter les prisonniers comme du bétail.

Pour l’archevêque Ndungane, « le ministre et son commissaire portent la lourde responsabilité d avoir influencé les gardiens ».

Après avoir accompagné le président Nelson Mandela à la prison le 29 mai pour entendre les récits des prisonniers, le ministre avait alors dit aux journalistes: « Je dois condamner très vigoureusement les propos tenus par l’archevêque, que je considère personnellement comme criminellement irresponsable. La première tâche d’un évêque, en tant que pasteur, aurait été de rendre visite à ceux qui avaient été blessés, pour les réconforter. »

Ce n est point le rôle d’un pasteur, avait ajouté le ministre, de provoquer ni de prendre des positions politiques. « Peut-être l’archevêque veut-il entrer sur la scène politique, mais pour cela, il ne doit pas se cacher derrière le manteau de la religion, ni derrière son habit pourpre ».

Dans une déclaration rendue publique au Cap, l’archevêque a répondu que le ministre semblait plus préoccupé de lancer des attaques contre lui et l’Eglise que de traiter du vrai problème. « Cette attitude me rappelle les attaques lancées par les ministres du cabinet nationaliste aux pires jours de l’apartheid, lorsqu’ils ne pouvaient supporter l’action de l’Eglise contre l’apartheid ».

Le rôle de l’Eglise, a précisé l’archevêque, est d’inculquer une culture des droits de l’homme dans le cadre de la nouvelle démocratie sud-africaine, conformément à la Constitution.

Après sa visite, le président Mandela a nommé une commission chargée d’enquêter sur ce qui s’est passé dans la prison. (apic/eni/pr)

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