La pauvreté, ce thème cher à la discussion
Rome, 10 juin 1997 (APIC) Une modernisation économique qui laisse en marge du progrès de larges groupes sociaux ou qui ne favorise pas la participation de tous, en particulier des plus pauvres, est vouée à l’échec, a rappelé le cardinal Etchegaray en ouvrant lundi soir une rencontre organisée par le Conseil pontifical «Justice et Paix». Une rencontre destinée à parler de la dette en Amérique latine. Et à la pauvreté, ce thème cher à la discussion.
Celle-ci réunit vingt-cinq participants, parmi lesquels les responsables des grandes institutions financières Internationales. Thème des travaux: «Modernisation économique, démocratisation, justice sociale». En introduisant cette rencontre informelle mais «historique», le cardinal français, qui préside le Conseil «Justice et Paix», a tenu à remercier les présidents de la Banque Mondiale, James Wolfensohn, du Fonds Monétaire International, Michel Camdessus, et de la Banque Interaméricaine de Développement, Enrique Iglesias, venus pour une discussion sur «le rapport essentiel entre l’économique et le social».
Au départ de cette discussion, une simple constatation, valable pour tous les continents, a-t-il souligné, même si elle est appliquée cette fois à l’Amérique Latine: «la modernisation économique, si elle veut être durable – «sustainable», comme on dit en anglais, ne saurait être un fait purement économique». La modernisation économique est liée aux deux thèmes de la réunion, qui se tient dans les locaux de «Justice et Paix»: la démocratisation, dans le sens de la promotion des droits de la personne, y compris dans le domaine social et économique . «D’où l’importance aussi de la participation et d’un bon gouvernement», a noté Mgr Etchegaray; la justice sociale, la promotion et l’équité, la suppression des grandes inégalités économiques et sociales, car «une modernisation économique qui laisse en marge du progrès de larges groupes sociaux, ou qui n’engage pas une base étendue et ne favorise pas la participation de tous ne peut pas durer».
Et le cardinal d’insister: «Le problème de la justice sociale se concentre surtout sur la question de la pauvreté, ou plus exactement sur la situation concrète de personnes qui vivent dans la pauvreté, surtout la pauvreté extrême».
Le thème de la rencontre est abordé dans le contexte du problème de la pauvreté en Amérique Latine. Une large place est donnée à un approfondissement des propositions actuelles concernant la remise de la dette internationale. Outre deux collaborateurs de la Secrétairerie d’Etat, dont Mgr Celestino Migliore, sous-secrétaire des relations avec les Etats, sont présents trois délégués des Conférences épiscopales des Etats-Unis (2) et d’Allemagne (1) et deux représentants de la Fondation Konrad Adenauer, ainsi que six délégués du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), dont quatre évêques. (apic/cip/bol/pr)
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