« Il faut faire un pas de plus, en bien des lieux »
Paris/Reims, 12 juin 1997 (APIC) En avril dernier, l’archevêque de Reims, Mgr Gérrd Defois, laissait entendre aux catholiques de son diocèse rassemblés pour une journée « synodale » qu’il faudrait creuser davantage les questions touchant l’engagement de l’Eglise dans le monde de l’enseignement. L’interpellation de Mgr Defois a été appréciée par d’autres évêques. Le service d’information de l’épiscopat français vient de la publier dans son bulletin bimensuel.
Héritage de l’histoire, les écoles catholiques en France ont longtemps été calquées sur les collèges jésuites et les séminaires, avec un personnel constitué de religieux et de prêtres. Depuis 1959, la législation française leur assigne d’abord une mission de « service public » et les oblige à ouvrir leurs portes à des élèves et des enseignants de toutes convictions. La concurrence, le dynamisme des équipes et le professionnalisme accru des enseignants laïcs ont contribué à un nouveau succès des écoles catholiques. Un succès sur toute la ligne ?
« N’avons-nous pas trop souvent construit et agrandi nos locaux avant de constituer des équipes pédagogiques motivées et avant d’entendre les préoccupations chrétiennes des parents, y compris lorsque ceux-ci n’en expriment aucune ? » se demande Mgr Defois. L’archevêque reconnaît les efforts de formation des enseignants ou des parents « qui ensemble portent le souci de transmettre la culture et la foi vécue dans les jeunes générations ». Mais il constate aussi que « la recherche de réussite amène certains à marginaliser la vie religieuse et à se décharger de cette question sur des spécialistes ».
Le problème est sans doute moins crucial dans les écoles primaires, plus proches des paroisses, que dans les lycées. Certes, note Mgr Defois, « il ne s’agit pas d’imposer la foi. Mais le silence sur les raisons de vivre, sur les convictions chrétiennes conduit à un matérialisme de fait, ce qui rend les jeunes vulnérables aux sectes et aux manipulations idéologiques de toute nature. Quand ce n’est pas un désintérêt pour la foi de l’Eglise ».
Quatre pistes
S’appuyant sur les initiatives les plus prometteuses, l’archevêque réclame « un pas de plus, en bien des lieux ». Il le fait en précisant ses convictions de manière à « ouvrir un chantier » au travail de tous :
« Je crois en un enseignement catholique qui ne cède pas aux tentations de puissance et de développement matériel, mais privilégie l’accueil de tous, en particulier de ceux qui ont des difficultés ».
« Je crois en un enseignement catholique où l’équipe enseignante, par un projet éducatif cohérent, a le souci de former l’intelligence et le coeur tout en transmettant des connaissances. Et cela concerne la plupart des disciplines ».
« Je crois en un enseignement catholique où la foi chrétienne est proposée comme une référence et pour beaucoup une pratique dans la découverte d’un sens à la vie par la culture enseignée et reçue ».
« Je crois en un Enseignement catholique où la communauté éducative reste humaine et fraternelle, et cela demande des conditions de proximité pour que les jeunes et les enfants ne soient pas estimés en fonction des seuls résultats scolaires ».
En conclusion, Mgr Defois souligne que les écoles catholiques peuvent être « une chance pour former des jeunes intelligents dans leurs convictions et responsables dans leurs croyances ». (apic/cip/pr)
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