Les Journées mondiales de la Jeunesse en point de mire

Paris: Compte rendu des travaux du Conseil permanent de l’épiscopat

Paris, 12 juin 1997 (APIC) La situation de la catéchèse, les questions sociales, l’apostolat des laïcs, la formation des prêtres et les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) en août à Paris ont été au centre des travaux du Conseil permanent de l’épiscopat français. Ses responsables en ont présenté mercredi à la presse les principaux enjeux.

Situation de la catéchèse

Mgr Gérard Defois, président de la Commission épiscopale de la catéchèse, rappelle que les enfants qui s’inscrivent au catéchisme n’ont plus pour la plupart de véritable enseignement chrétien, et représentent en moyenne 50% d’une classe d’âge. La formation des catéchistes et la rédaction des manuels de catéchèse doivent en tenir compte.

L’autre problème est la réduction du temps consacré à la formation spirituelle et religieuse, pourtant garantie par la loi. A l’heure où l’on reproche à l’Eglise de ne pas faire face à la perte des repères et à l’essor des sectes, elle estime qu’elle se doit d’attirer l’attention des pouvoirs publics et des familles sur la nécessité d’une telle formation.

Les cinq dossiers étudiés par la Commission sociale

Mgr Albert Rouet, président de la Commission sociale des évêques de France, a présenté les dossiers traités par son groupe.

Le premier se rapporte à la place de la justice dans la société. « Face à la perte des valeurs, on commente de plus en plus son rôle symbolique », déclare l’évêque de Poitiers.

L’essor préoccupant du pouvoir administratif et réglementaire qui tend à se substituer au pouvoir politique fait l’objet du deuxième dossier.

Le troisième concerne la taxe Tubin, du nom d’un économiste américain, qui propose de taxer à raison de 0,5% les mouvements financiers mondiaux, afin de les moraliser et de freiner les spéculateurs.

La dérégulation du travail constitue le dossier numéro quatre. « Que devient le droit du travail ? A cet égard, « l’exemple anglais n’est pas providentiel », commente Mgr Rouet.

Le cinquième dossier vise le partage du travail et des revenus. « Qui dit partage dit arbitre. Qui joue ce rôle ? Quelle part doit prendre l’Etat ? Au-delà du clivage droite-gauche, les experts consultés ne sont pas toujours d’accord », ne cache pas Mgr Rouet. Et l’évêque d’ajouter: « Face à la récente alternance du pouvoir, la commission sociale est partagée entre deux analyses, l’une se félicitant du bon exercice du jeu démocratique, d’une certaine sagesse de l’électorat, l’autre s’attristant du « zapping » des électeurs, de leur manque de conviction profonde, le problème fondamental restant de savoir si l’on ira vraiment vers plus de solidarité effective ».

Mgr Rouet justifie son approbation de la décision du gouvernement de régulariser un certain nombre de sans papiers en évoquant « le ballon d’oxygène pour des familles victimes de situations insoutenables, qu’il faut distinguer des clandestins acteurs de trafics divers ».

Volonté de la Commission de l’apostolat des laïcs d’unifier tous les mouvements

Mgr Jean-Paul Jaeger, président de la Commission des mouvements apostoliques et des associations de fidèles, a souligné que « les mouvements, entre action catholique et communautés nouvelles, sont très divers et dispersés, notre travail étant de les mettre en relation et en communion ». L’évêque de Nancy et Toul a pris acte du fait que ces mouvements soments sont pour beaucoup de personnes qui n’ont pas ou que peu d’enracinement chrétien, leur seul contact avec l’Eglise. Il y a donc là une dimension catéchuménale mais aussi, pour beaucoup de défavorisés, d’intégration sociale.

Par ailleurs, le nouveau guide de l’apostolat des laïcs, en panne de réédition depuis longtemps, sera disponible fin juin.

Réforme des programmes des séminaires

La commission des ministères s’interroge sur l’opportunité de créer des séminaires propédeutiques, et sur la place qu’il convient de donner à la philosophie dans les programmes des séminaires, a expliqué Mgr Georges Gilson. La rénovation de la « ratio » et des programmes d’enseignement fait l’objet de deux documents qui vont être envoyés à tous les évêques afin que ceux-ci fassent part de leurs observations. La nouvelle version tiendra compte des amendements proposés, et sera discutée en assemblée plénière à Lourdes en octobre prochain, avant adoption définitive.

Préparation des JMJ

Y aura-t-il 100’000 jeunes Français comme espéré aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Paris (JMJ) en août ? « Les inscriptions sont lentes et la mobilisation laborieuse », reconnaît le père Paul Destable, président de l’association organisatrice des JMJ. C’est un scénario normal en France où il faut convaincre chaque jeune un par un. Ce gros travail pastoral en amont est une chance, car il est une garantie que les JMJ ne soient pas un événement sans suite. Tous les secteurs pastoraux et tous les mouvements sont dans le coup. Les nombreux relais locaux font des propositions pour inviter ailleurs qu’aux portes des églises tous les jeunes de 18-35 ans, mais aussi les grands mineurs (les grands lycéens) », a-t-il répondu. Et d’expliquer que l’hébergement des jeunes dans les diocèses ne pose plus de problème et que l’objectif de les héberger dans des familles en Ile-de-France, pour 20% d’entre eux, est atteignable si les acteurs concernés continuent à se mobiliser. En tout 300’000 jeunes sont attendus. (apic/jcn/aa)

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