Londres: Rapport annuel 1997 d’Amnesty International
Londres, 17 juin 1997 (APIC) 35 millions de réfugiés et de personnes déplacées dans le monde sont la preuve vivante du non-respect des droits fondamentaux de l’homme par les gouvernements. Une affirmation que rapporte, entre autres, Amnesty International (AI), dans son rapport annuel 1997. L’organisation humanitaire estime que le flux des réfugiés est l’expression de la répression brutale et des guerres civiles «qui se répandent de façon contagieuse sur l’ensemble du globe».
Des êtres humains sont torturés, détenus comme prisonniers d’opinion, voire exécutés dans 152 pays. Responsables de ces actes de barbarie? Les gouvernements ou les groupes d’opposition armés, explique AI. Mais d’autres pays ne peuvent pas se laver les mains. Trop souvent ces pays ignorent ces tragédies et abandonnent à leur sort les personnes à la recherche de protection.
C’est ainsi que dans la région des Grands lacs, en Afrique centrale, des dizaines de milliers de personnes ont été victimes l’an dernier d’assassinats politiques par des troupes gouvernementales ou des groupes d’opposition armée, la plupart au Burundi et au Zaïre. Au Rwanda, près de 100’000 personnes sont détenues dans des conditions inhumaines, dans des prisons surpeuplées, sans jamais avoir été jugées, mais soupçonnées de participation au génocide de 1994. Torture, mauvais traitements, «disparitions» et procédures judiciaires inéquitables sont quotidiennes. La plupart de victimes appartiennent à la population civile.
Le rapport d’AI relève aussi que d’une manière générale la plupart des violations des droits de la personne se déroulent dans des pays dans lesquels ont lieu des conflits entre riches et pauvres et conduisent à la torture et à la mort les personnes les plus marginalisées, comme les enfants des rues, les petits criminels et les sans abris.
Responsabilité de la communauté internationale
Au vu de cette situation catastrophique, la croissance du nombre des réfugiés n’est ni un hasard, ni un phénomène passager. La communauté internationale, en se s’opposant pas aux attaques massives contre la vie et la liberté, permet que des millions de personnes à la recherche de protection soient jetées sur les chemins de l’exil. AI, comme s’il faisait une allusion au débat actuel des Chambres fédérales suisses sur le droit d’asile, réaffirme avec force que «certains gouvernements tentent d’empêcher à ces personnes l’accès à une procédure d’asile en interprétant volontairement d’une manière erronée les Conventions de Genève de 1951 concernant les réfugiés ou renvoient de force dans leur pays des personnes ayant un besoin urgent de protection». (apic/com/ba)
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