Plus qu’un mythe, un symbole

APIC: Vous parlez le plus souvent du « Che », mais rarement en utilisant le mot « père »…

Camilo Guevara: C’est vrai. Il faut dire que je l’ai surtout connu à travers les récits, les livres et les anecdotes. Mais peu au plan affectif. J’avais 5 ans au moment de sa mort. C’est peut-être aussi pour marquer, comme Cubain plus que comme fils, le sentiment qui nous anime face à son combat, son idéal. Davantage qu’un symbole, les gens résument en la seule personne du « Che » un certain nombre d’idées, d’idéaux et une volonté de justice. Il est plus facile d’être le fils du « Che » à Cuba qu’en Europe.

APIC: A vous entendre, le « Che » est presque devenu une « icône ». Mais en quoi une image peut-elle influencer la réalité?

Camilo Guevara: Les problèmes pour lesquels le « Che » a lutté demeurent aujourd’hui. Le néo-libéralisme les a même aggravés. Tant que le monde vivra les injustices contre lesquelles lui et ses compagnons se sont levés, le « Che » sera présent et vivant. Parce qu’il est un exemple à suivre. Le jour où les choses auront changé, alors il ne sera plus qu’une page d’histoire. D’une histoire passée, ancienne…… Jusque-là, le « Commandante » sera présent. Dans n’importe quel ville, village, colline, ou manifestation… Pour beaucoup, son image est essentielle, indispensable. Parce qu’ils pensent la même chose que lui. Son effigie est un message. Plus qu’un mythe, c’est un symbole.

Rien à voir avec ceux qui produisent son image dans un seul but lucratif. Parce que son effigie se vend toujours aussi bien aujourd’hui, y compris en Europe. A ce propos, je suis impressionné par le nombre de personnes solidaires de Cuba. Quantité de gens, aux ressources modestes parfois, y vont de leurs contributions. L’homme sans solidarité cesse d’être un être humain. (apic/pr)

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