Graz: Le 2e Rassemblement oecuménique européen s’attelle à rédiger le document final
De notre envoyé spécial Maurice Page
Graz, 26 juin 1997 (APIC) «J’ai l’impression que nous n’avons pas encore vraiment commencé.» A mi-chemin du 2e Rassemblement oecuménique européen, ce sentiment exprimé par le pasteur Pierre Genton, représentant de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS), est plus ou moins partagé par l’ensemble de la délégation suisse à Graz.
«C’est plus difficile que lors du 1er Rassemblement à Bâle, car le contexte est très différent «, reconnaît pour sa part Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle. La rédaction du document final à laquelle les délégués se sont attelés est assez ardue, mais le contact et la découverte de l’autre importent plus que le résultat.
Pas les mêmes priorités entre l’Est et l’Ouest
Jean Claude Huot, délégué de la Commission nationale suisse «Justice et Paix» participe au sous-thème no 6 consacré aux rapports Nord-Sud. «Sur le plan théorique, la discussion est intéressante, mais dans le concret, c’est beaucoup plus difficile. Les gens de l’Est n’ont pas du tout la même conception que nous du partage des ressources et de notre responsabilité planétaire. Je constate une fracture entre l’Orient et l’Occident. Il faut dire que deux heures pour faire connaissance entre 35 personnes, ce n’est pas vraiment beaucoup.»
Les chrétiens ne sont pas résignés
L’allemand domine trop, déplore de son côté Christine Steiger qui participe à l’agora où les organisations les plus diverses présentent leurs activités. A part quelques stands en italien et un ou deux en français, tout se passe en allemand. «Je n’entends pratiquement pas les langues de l’Est.» «Mon sentiment est cependant très positif surtout pour les occasions de contacts avec des gens qui se battent dans le même sens que nous. Je peux constater concrètement que les chrétiens ne sont pas résignés, qu’ils sont capables d’exprimer leurs espoirs.
Redécouvrir ensemble l’histoire
Heinrich Bolleter, évêque méthodiste de Suisse, s’est heurté aux accusations de prosélytisme de la part des orthodoxes qui ne peuvent pas admettre la présence de méthodistes à l’Est, même si ces derniers y ont des racines séculaires. «Nous devons redécouvrir ensemble notre histoire», renchérit de son côté le Père Roland-B.. Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques suisses.
Les réalités ecclésiales sont en effet très différentes. «On parle d’oecuménisme, mais on continue à penser confessionnel», admet Mgr Koch. qui participe au sous-thème no 1 consacré à l’unité visible des Eglises. «La définition même du but de l’unité est loin d’être facile. La fête de l’unité ne pourra-t-elle qu’avoir lieu à la fin des temps ? «
Quelle suite au travail ?
La suite du travail de Graz est une des préoccupations des quelque 400 Suisses présents à ce deuxième Rassemblement oecuménique européen. L’idée est de tisser un réseau en Suisse qui reste attentif aux préoccupations exprimées. Le groupe mis sur pied par les Missionnaires de Bethléem, à Immensee, va sans doute prolonger ses activités. Côté romand, la présence à Graz se limite à quelques individus. Il serait dommage que tout cela reste théorique, souligne l’abbé Pierre Vuichard, une personnalité de Genève engagée dans l’œcuménisme.
«Nous aurions besoin d’un document final avec lequel on puisse travailler. Il faudrait le réduire au 10e et le traduire dans une langue compréhensible par tous. Nous pourrions demander aux journalistes du quotidien de boulevard ’Blick’ de le faire», suggère en souriant Christine Steiger.
La délégation suisse a par ailleurs recueilli diverses propositions à faire passer dans le cadre des recommandations finales, notamment en faveur des handicapés et des femmes. (apic/mp/be)
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