Des ’marginaux’ bien intégrés

Graz: Les femmes et les jeunes au 2e Rassemblement oecuménique européen

De notre envoyé spécial Maurice Page

Graz, 27 juin 1997 (APIC) Parmi les innombrables lieux dispersés dans le centre ville de Graz, certains sont devenus au fil du 2e Rassemblement oecuménique européen des points de références, des passages obligés. C’est le cas de la maison des femmes et du centre des jeunes. A Graz, les femmes et les jeunes sont des « marginaux » plutôt bien intégrés.

« Les visiteurs nous disent que c’est ici qu’ils trouvent le plus de vie », commente Sylvia Reitbauer, coordinatrice la maison des femmes nichée au coeur de la vieille-ville. Plus d’un millier de personnes, y compris de nombreux hommes, y sont passées chaque jour.

La maison des femmes logée dans le centre paroissial protestant de la Heilandskirche vit autour de la cafétéria et du jardin où nous reçoit Sylvie Reitbauer, à l’ombre d’un grand marronnier. « Tout se passe mieux que prévu, tant au niveau de l’atmosphère que de la participation. » Les religieuses catholiques chenues avec voile d’époque côtoient les femmes-prêtres anglicanes avec leur col romain et les jeunes féministes de style « ethno ». Les hommes sont tout de même assez rares.

« L’expérience est extrêmement positive au niveau du dialogue et du débat. Les thèmes les plus divers sont abordés dans un esprit d’écoute et de partage. Du sacerdoce féminin à l’homosexualité, en passant par Thérèse d’Avila et la réconciliation entre femmes palestiniennes et israéliennes ». L’église attenante est d’ailleurs comble pour un atelier sur Jésus et les étrangers. Les bébés se promènent entre les jambes de leur maman assises par terre dans la nef et les allées.

Graz: une affaire d’hommes ?a Aux yeux de certaines femmes, le Rassemblement de Graz tourne à un débat exclusivement masculin entre catholiques et orthodoxes, marginalisant du même coup les protestants et les femmes. Les critiques se sont fait assez vives lors du carrefour du jeudi matin.

Sylvia Reitbauer se refuse à prendre position dans ce débat, même si elle participera à la manifestation prévue vendredi devant le plénum de l’assemblée. « Depuis le premier rassemblement de Bâle, un grand progrès a été réalisé. Nous ne sommes plus en marge, mais vraiment partie prenante de l’organisation. Nous n’avons plus besoin d’aller frapper à la porte pour demander la parole, on vient nous trouver spontanément ici. »

Les conséquences pour l’avenir ? « Difficiles à prévoir. Mais je sais que les femmes présentes ici sont prêtes à s’engager dans leur Eglise et dans la société. En outre le document final, qui je l’espère tiendra compte de nos remarques, consacrera un chapitre à la situation des femmes. »

Sur une table un petit autocollant proclame: « Il y a des êtres humains qui depuis des décennies travaillent 80 heures par semaine et ne protestent pas. Demandez aux hommes pourquoi ? »

Le thème de l’œcuménisme pas pour les jeunes ?

« Le thème de l’oecuménisme a priori ne préoccupe pas particulièrement les jeunes. Ils le vivent spontanément sans trop chercher à savoir ce qui les séparent », explique Brigitte Krenn, responsable de la maison de la jeunesse. Nous sommes à deux pas des quais de la Mur, la rivière qui traverse Graz. Dans une grande maison jaune désaffectée, sommairement réaménagée pour la circonstance, les jeunes se rencontrent surtout autour des tables en fer du « music café ». A défaut de pouvoir vraiment se parler, on peut s’y rafraîchir.

La maison est un lieu d’accueil où non seulement confessions mais surtout langues et nationalités se côtoient. Outre l’allemand dominant, on peut y entendre le polonais l’ukrainien, l’anglais l’italien. « Il est impossible de compter les jeunes qui passent mais plusieurs centaines par jour, sans aucun doute », estime Brigitte Krenn, qui en temps normal est animatrice de la jeunesse catholique de Graz.

A l’étage, le calme règne dans les diverses salles de rencontres. Là aussi chaque jour des carrefours sont proposés aux jeunes et chaque soir une rencontre a lieu avec des délégués officiels. « Les discussions sont assez profondes, relève Brigitte Krenn. Même si ce n’est pas la masse, ceux qui sont présents sont décidés à s’engager aussi après Graz. » On aussi installé un ordinateur permettant aux jeunes de poser leurs questions ou de formuler leurs propositions. Deux plénums ont réuni les jeunes durant la semaine, malheureusement un peu à l’autre bout de la ville.

Le point de rencontre des jeunes pour jeudi soir est la MariaHilfplatz, où devant la façade de la belle église baroque une scène accueille un grand concert de rock. Le « heavy-dead metal » se mêle allègrement à la voix des cloches (apic/mp)

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