« Comme évêque, je ne le tolérerai jamais », affirme Mgr Koch
Baden, 27 juin 1997 (APIC) Dans le diocèse de Bâle, quelques responsables de paroisses laïcs (que l’on nomme dans les diocèses alémaniques « Gemeindeleiter » et « Gemeindeleiterinnen ») ont annoncé leur volonté de présider eux-mêmes l’eucharistie dès Pentecôte 1999, arguant du manque de prêtres. Ce projet est qualifié d’ »acte menant au schisme » par l’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch.
Dans une lettre adressée à l’hebdomadaire catholique « Schweizerische Katholische Wochenzeitung » à Baden, et publiée dans son édition du 27 juin, Mgr Koch affirme que c’est sa principale responsabilité d’évêque, grâce à beaucoup de travail de persuasion, de dialogue et de prière d’empêcher ce projet de Pentecôte 1999″.
L’évêque de Bâle a toujours l’espoir que ceux qui ont annoncé bruyamment ce projet ne le mettent pas en œuvre, s’ils se rendent une fois compte des conséquences de l’escalade qu’ils provoqueraient ainsi. Sinon, ce sera dans l’Eglise catholique du diocèse de Bâle « un déchirement tel que nous n’en avons plus connu depuis le Kulturkampf au siècle dernier. Tous les gens raisonnables devraient avoir le souci et le devoir d’éviter une telle épreuve ».
L’APIC annonçait début juin la volonté annoncée de certaines paroisses ecclésiastiques du diocèse de Bâle d’ »ordonner elles-mêmes » – « avec le consentement de l’évêque ou contre sa volonté » – des assistants et assistantes pastoraux laïcs afin qu’ils puissent présider l’eucharistie. L’argument était notamment d’ordre financier, parce que les paroissiens ne comprendraient pas que l’on doive payer un assistant pastoral qui fait tout le travail, et faire venir en plus des « prêtres volants » pour donner les sacrements, ce qui augmente les frais. Mgr Koch répondait alors de façon lapidaire: « Si l’argent dicte ce que doit être l’Eglise et comment elle doit vivre, nous faisons d’emblée fausse route! »
Mgr Koch qualifie d’ »immixtion indue dans les affaires intérieures de l’Eglise » si des organes de droit ecclésiastique passaient outre à la règle de l’Eglise. Une telle attitude menacerait de mettre en jeu la collaboration jusque là éprouvée entre les domaines de responsabilité de l’Eglise canonique et ceux relevant des collectivités ecclésiastiques.
L’évêque de Bâle estime encore plus grave que des représentants de communes ecclésiastiques prennent eux-mêmes la responsabilité de donner le mandat à leurs assistants pastoraux laïcs de célébrer l’eucharistie et même de les « ordonner ». Une telle « ordination » par les paroisses ecclésiastiques « n’aurait de toute façon aucune valeur et aucune signification pour moi, car dans l’Eglise catholique, seul l’évêque peut ordonner des prêtres, ce qui est la condition absolument nécessaire pour célébrer l’eucharistie ». (apic/wm/be)
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