Les chrétiens invités à rechercher la pleine unité
Rome, 29 juin 1997 (APIC) Au cours d’une cérémonie traditionnelle au Vatican, le pape a remis dimanche le «pallium» – large collier de laine avec deux bandes pendantes marquées de six croix, insigne des évêques métropolitains et symbole de leur lien avec le siège apostolique – à 29 archevêques du monde entier. Cette liturgie a été marquée par l’absence de délégués du patriarcat œcuménique de Constantinople, habituellement présents à Rome pour la fête des saints Pierre et Paul.
«La pensée de la communion et de l’unité nous a particulièrement accompagné cette semaine», a déclaré à cette occasion le pape Jean Paul II. «Nous avons prié intensément ces jours-ci, a-t-il ajouté, afin que se réalise la pleine unité entre tous les chrétiens, en répondant à l’invitation du Christ au cénacle: Que tous soient Un !»
Et, comme tous les ans, lors de la fête de saint Pierre et saint Paul, fête par excellence de l’Eglise de Rome – qui abrite les tombeaux des Apôtres -, le pape Jean Paul II a remis le «pallium» aux évêques métropolitains nouvellement consacrés. Les premières intentions de la prière universelle, dites en russe et en grec, pour le pape et pour l’unité des chrétiens, ont rappelé le devoir de l’unité.
Le Rassemblement de Graz évoqué
L’intention en russe se réfère à ce que Jean Paul II souligne lors de la prière de l’angélus: sa mission de confirmer ses frères, dans l’unité afin que «toutes les Eglises et les communautés chrétiennes» cheminent vers la «communion fraternelle de foi et de vie qui a caractérisé au long de tant de siècles le Corps du Christ indivis».
En grec, on évoque le grand Rassemblement œcuménique de Graz qui s’est achevé dimanche: les chrétiens, à l’aube du troisième millénaire doivent être prêts au «sacrifice de l’unité». C’est souligner que la tache est ardue. Or, la remise des «palliums» qui a lieu ce dimanche manifeste justement «l’union avec le siège de Pierre dans la même foi de l’Eglise», selon les termes de Jean Paul II en 1994. Et cette année-là, le pape relevait dans son homélie la présence de délégués orthodoxes conduits par le métropolite de Helioupolis, Athanasios, envoyé par le patriarche Bartholomée de Constantinople. L’année suivante, le patriarche œcuménique de Constantinople faisait en personne le déplacement de Rome.
«Nous ne pouvons pas rester séparés»
Le pape avait alors affirmé, commentant l’Evangile de l’envoi des disciples deux par deux: «Le Christ nous envoie ensemble, afin qu’ensemble nous rendions témoignage. Nous ne pouvons donc pas rester séparés, nous devons marcher ensemble, parce que c’est la volonté de Notre Seigneur».
Et cette fête est par excellence celle de l’Eglise de Rome où se trouvent les tombeaux des Apôtres Pierre et Paul. Et réciproquement, des délégués catholiques de haut rang assistent annuellement à la fête de saint André, fête de l’Eglise de Constantinople.a Deux archevêques français ont reçu le pallium
Deux Français ont reçu dimanche le «pallium»: Mgr Maurice Fréchard, archevêque d’Auch, et Mgr Emile Marcus, archevêque de Toulouse. Mgr Georges Gilson, archevêque de Sens et d’Auxerre n’a pas pu être présent (ainsi que 6 autres évêques). Les archevêques récemment consacrés doivent en effet, selon le droit canon, demander ce signe visible de leur union à l’Eglise de Rome. En tout 36 «palliums» ont été remis cette année par Jean Paul II. Lui-même avait reçu ce «pallium» en tant qu’archevêque de Cracovie le 26 juin 1967, il y a trente ans cette année.
Le pape bénit mère Teresa
Confectionnés par des clarisses avec la laine des agneaux tondus le jour de la Sainte-Agnès, ces «pallia» sont gardés précieusement, en attendant d’être remis, dans un coffret placé symboliquement près du tombeau de saint Pierre, dans la niche visible dans la basilique. Le pape est allé s’y recueillir après la messe.
Mère Teresa de Calcutta, en chaise roulante, a assisté à la cérémonie dans la basilique Saint-Pierre. Quand le pape s’est dirigé vers elle pour la bénir, la religieuse âgée de 86 ans s’est levée un court instant de sa chaise. Séjournant depuis quelques temps à Rome, Mère Teresa, très atteinte dans sa santé, a été reçue par le pape il y a deux mois environ, en compagnie de Sœur Nirmala, qui lui a succédé à la tête des Missionnaires de la Charité. (apic/imedia/cic/be)
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