Refus de reconnaître le mal causé par l’apartheid

Afrique du Sud:L’ancien président De Klerk dans le collimateur de l’évêque de Grahamstown

East London, 29 juin 1997 (APIC) L’ancien président sud-africain Frederik De Klerk est dans le collimateur de Mgr David Russell, évêque anglican de Grahamstown, dans la province du Cap-Oriental. F.W. de Klerk, qui adopte une attitude négationniste, ne veut pas reconnaître le mal engendré par la politique de ségrégation raciale de l’Afrique du Sud menée durant des décennies par son parti, le Parti National. La reconnaissance des crimes commis sous le régime d’apartheid est la clé du processus de réconciliation en Afrique du Sud.

C’est à l’issue d’une rencontre avec F.W. de Klerk, leader du Parti National, le parti ségrégationniste qui a gouverné le pays de 1948 jusqu’à l’arrivée au pouvoir du gouvernement non racial du président Nelson Mandela, que l’évêque Russell s’est adressé à la presse.

Cette rencontre avait lieu dans le bureau de F.W. de Klerk, au Cap, à la suite de la publication d’une lettre ouverte dans un journal local, « The Daily Dispatch », par laquelle l’évêque demandait à F.W. de Klerk d’accepter un débat public après que le Parti national eût nié avoir été au courant des violations des droits de la personne sous le régime de l’apartheid.

Pour De Klerk, l’apartheid était moralement acceptable

F.W. de Klerk continue à présenter les motivations premières de l’apartheid comme moralement acceptables et justifiables à l’époque, a expliqué l’évêque Russell aux journalistes. « A mes yeux, lui ai-je dit, ces motivations étaient fondamentalement mauvaises. C’était la cupidité des blancs; la détermination de garder le pouvoir de façon violente dans l’intérêt d’une minorité; cela doit être admis et dit sans équivoque ». « Peut-être était-ce espérer un miracle. Je suis allé à cette rencontre en espérant un miracle, une conversion, qui n’ont pas eu lieu. J’étais réellement consterné de voir que M. De Klerk semblait ignorer le mal qu’a causé l’apartheid ».

Dans les années 70, David Russell, alors jeune prêtre, avait fait la une des journaux à cause de son opposition à l’apartheid, longtemps avant que les Eglises ne dénoncent le régime. Il s’était couché devant des bulldozers pour protester contre le déplacement forcé de gens de couleur des zones dites « réservées aux Blancs » et il avait été arrêté par la police. (apic/eni/be)

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