Afrique australe : les Eglises demandent à participer à la vie politique
Lusaka, 4 mai 1997 (APIC) – «Les Eglises ont la responsabilité politique et morale d’assurer le maintien des gouvernements démocratiques récemment mis en place dans la région», estime la Communauté des conseils chrétiens d’Afrique orientale et australe (FOCCESA). C’est la raison pour laquelle la FOCCESA a demandé à être directement représentée au sein de l’organisation économique régionale – la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), dont le siège est à Gabarone, capitale du Botswana.
«Il nous incombe de suivre de près les actions de nos gouvernements et de leur rappeler les obligations qu’ils ont envers leur peuple», a déclaré Violet Sampa-Bredt, présidente de la FOCCESA. «Les citoyens de la région «ont confié à ces nouveaux gouvernements d’immenses pouvoirs et ce serait un péché mortel de nous retirer de la scène politique».
Créée en 1980 à Lusaka pour rendre les gouvernements de la région moins dépendants de l’Afrique du Sud, gouvernée par une minorité blanche, la SADC, qui vise à promouvoir la coopération économique et l’intégration, comptait à la mi-1996 douze membres depuis l’entrée de l’Afrique du Sud en 1994 : Angola, Botswana, Lesotho, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Swaziland, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe.
Violet Sampa-Bredt a précisé à l’agence de presse œcuménique ENI que cette décision avait été prise lors d’une réunion régionale de la FOCCESA, et que la demande avait déjà été adressée par écrit au secrétaire exécutif de la SADC, George Mbuende. Cette démarche fait suite à l’interpellation lancée il y a deux ans par George Mbuende qui invitait les Eglises à collaborer avec les gouvernements de la région.
Les Eglises estiment, a souligné Mme Sampa-Bredt, qu’elles ont la responsabilité politique et morale d’assurer le maintien des gouvernements démocratiques récemment mis en place dans la région. «Afin d’accomplir notre mission prophétique, il est impératif pour nous de continuer à suivre avec vigilance ce que font nos gouvernements.» Toutefois, a-t-elle déploré, il est navrant de constater que certains gouvernements de la région tolèrent de moins en moins les critiques. Ainsi, «lorsque nous critiquons de façon constructive nos gouvernements, on nous accuse d’être utilisés par les partis d’opposition ou d’être des agents de puissances étrangères». Même si les Eglises doivent soutenir les efforts que font les gouvernements pour assurer le bien de leur peuple, «nous devons garantir que ceux-ci honorent les engagements pris envers les communautés qui les ont portés au pouvoir.» (apic/eni/mp)
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