Exploiter les attentes et les valeurs des nouvelles générations

Rome: Ouverture du Congrès européen des Vocations

Rome, 6 mai 1997 (APIC) Les réponses radicales à l’appel de Dieu sont encore possibles de nos jours, a rappelé Jean-Paul II aux participants du congrès qui s’est ouvert lundi à Rome sur le thème : «Nouvelles vocations pour une nouvelle Europe». Il les a invités à mettre à profit «les ressources, les attentes, les valeurs présentes dans les nouvelles générations» et à offrir des suggestions concrètes pour élaborer, «sur la base de telles prémisses, d’un sérieux projet de vie inspiré de l’Evangile».

Jean-Paul II a d’abord rappelé aux congressistes que «toute l’existence humaine est une réponse à Dieu». L’engagement de la communauté ecclésiale dans la pastorale des vocations est à ce titre parmi les plus graves et les plus urgents, afin que chaque baptisé découvre l’appel qui lui est adressé. «Il sera ainsi plus facile à celui qui est l’objet d’une vocation particulière au service du Règne de Dieu d’en reconnaître la valeur et de l’accepter généreusement, a expliqué le pape. Il ne s’agit pas en effet d’éduquer les personnes à accomplir des fonctions, mais bien plutôt de les aider à donner une orientation radicale à leur propre existence et à poser des choix qui décident pour toujours de leur avenir.»

Une joie intime et durable

Le pape a relevé les difficultés qui rendent aujourd’hui difficile la réponse à l’appel : «le système économique basé sur le développement de la consommation et du bien-être, la vision hédoniste de la vie, la culture de l’évasion», le subjectivisme exacerbé, la peur d’affronter les engagements définitifs, une certaine absence de projet pour l’avenir». La tristesse du jeune homme riche dont parle l’Evangile est le risque auquel s’expose celui qui ne sait dire oui à l’appel du Seigneur, a-t-il ajouté, une tristesse qui n’est que «la façade de ce vide de valeurs qui est présent au plus profond du coeur et qui pousse assez souvent celui qui en est victime à s’engager sur des sentiers d’aliénation, de violence, de nihilisme».

Plutôt que de s’attarder sur ces difficultés, le congrès a surtout pour tâche, a insisté Jean-Paul II, de signaler aux communautés chrétiennes «les ressources, les attentes, les valeurs présentes dans les nouvelles générations», en offrant en même temps des suggestions concrètes pour «l’élaboration, sur la base de telles prémisses, d’un sérieux projet de vie inspiré de l’Evangile. Celui qui aime les jeunes, a-t-il dit, ne peut les priver de cette nouvelle et exaltante possibilité de vie à laquelle le Christ appelle la personne en vue de la réalisation plénière de ses potentialités, et qui est le préliminaire d’une joie intime et durable».

Des dons et charismes divers

Le pape a renvoyé aux paroles de l’apôtre Paul qui «tracent le statut théologique de toute communauté ecclésiale»: «Il y a certes diversité de dons spirituels, mais c’est le même Esprit; diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur; diversité d’opérations, mais c’est le même Dieu qui opère en tout» (1Co, 12,4). C’est dans cette perspective que les Eglises particulières doivent s’engager à soutenir le développement des dons et des charismes que le Seigneur ne cesse de susciter parmi son peuple: «Engendrer dans l’Esprit de nouvelles vocations est possible quand la communauté chrétienne est vivante et fidèle à son Seigneur, a insisté le pape. Cette vitalité féconde présuppose un climat de foi, la prière assidue qui imprègne toute la vie, l’attention à la qualité de la vie spirituelle, le témoignage de communion et d’estime à l’égard des multiples dons de l’Esprit, la passion missionnaire au service du Règne de Dieu.»

En conclusion, Jean-Paul II a attiré l’attention des congressistes sur l’importance de la médiation éducative, du témoignage cohérent de tous les appelés (prêtres et personnes consacrées) – qui est souvent la «première proposition vocationnelle» – et de la prière. «Il y a certainement devant vous une tâche difficile, leur a-t-il dit, mais la prière incessante qui accompagne cette rencontre des Eglises qui sont en Europe alimente notre espérance dans la promesse de Dieu et dans les réponses radicales à son appel: elles sont également possibles de nos jours.» (apic/cip/bol)

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