Sortir des sentiers battus

Togo: Séminaire international des journalistes africains

Lomé, 6 mai 1997 (APIC) Un séminaire international a réuni à Lomé, fin avril, des journalistes venus du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la France, du Ghana, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo. Organisé par l’Union des journalistes indépendants du Togo (UJIT) avec l’appui de l’Union Européenne, ce séminaire avait pour thème: «Média et démocratie; Ethique, déontologie, émergence».

La cinquantaine de participants ont débattu des communications sur la gestion des entreprises de presse, sur le pluralisme politique et la liberté de la presse. L’éducation aux droits de l’homme, le journalisme et l’engagement politique étaient également à l’ordre du jour.

Les journalistes ont porté une vue synoptique sur leur métier à travers le temps en faisant ressortir les problèmes auxquels ils sont confrontés. Les participants ont fait remarquer que les médias africains dans l’ensemble se portent mal. Ce qu’on a appelé «le printemps de la presse» en 1990 avec le multipartisme n’a été malheureusement que de courte durée. Rares sont désormais les pays où plus de 20 publications quotidiennes et périodiques ont survécu. sur plus de la centaine qu’elles étaient auparavant. Ainsi en Côte d’Ivoire, par exemple, sur les 178 titres recensés en 1990, il n’en reste plus qu’une vingtaine. Au Togo, sur les 120 titres à la même époque, seulement cinq ont subsisté. Le constat reste le même dans les autres pays. Bref, le printemps de la presse en Afrique noire, après moins d’une décennie, s’est réduit comme peau de chagrin.

Manque de liberté d’expression

Les participants à ce séminaire ont également fait un constat: on a rapidement confondu la multiplicité des titres et la liberté d’expression. Or sur tout le continent africain le saccage des sièges des journaux, et l’emprisonnement des journalistes n’ont pas cessé. Conséquence: Plusieurs journalistes ont dû s’exiler. Certains, pour se soustraire à ces contraintes, se sont rangés du côte du pouvoir en place. Toutefois au nom de cette même liberté de la presse, des journaux sont tombés dans l’incitation à la violence et à la révolte, au tribalisme et à la xénophobie. D’autres se sont rangés du côté de l’opposition. Beaucoup de journalistes en Afrique ont méprisé les intérêts liés à leur métier pour se mettre au service des politiciens.

Le séminaire de Lomé a lancé un appel pour que les professionnels des médias africains fassent un effort pour se libérer des griffes des politiciens, qu’ils soient dans l’opposition ou au pouvoir. «Ces derniers ne cherchent qu’à avoir les médias sous leurs bottes», déclare entre autres l’appel.

C’est pourquoi, le séminaire a rappelé l’importance d’une formation pour tout journaliste. Pour éviter tous ces dérapages, il est indispensable que le journaliste ait une base solide, a reconnu le rapport général. A la maîtrise des règles et techniques du métier, doivent s’ajouter néanmoins une grande culture et une ouverture d’esprit certaine pour une plus grande professionnalisation. Le séminaire a aussi insisté sur le respect de l’éthique et de la déontologie. Il a souhaité que les instances de moralisation soient mises en place dans les pays au sein des corporations pour amener les journalistes à être plus près de la vérité. Les participants ont lancé un appel à leur gouvernement respectif pour une dépénalisation des délits de presse. (apic/pd/ba)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/togo-seminaire-international-des-journalistes-africains/