Rapport et témoignages accablants publiés en Afrique du Sud

Zimbabwe: Les troupes du Zimbabwe accusées des pire massacres dans les années 80

East London, Afrique du Sud, 9 mai 1997 (APIC) Les soldats du Zimbabwe chargés d’étouffer une révolte armée dans les années 80 auraient tué 2’000 civils et commis des centaines d’autres atrocités, dénonce un rapport rédigé par un organisme catholique de défense des droits de la personne et un groupe d’hommes de loi.

Le « Weekly Mail & Guardian » de Johannesburg a publié des détails du rapport confidentiel de 176 pages dans son édition du vendredi 2 mai. Le document a été divulgué au journal après la suspension de sa publication par les évêques catholiques romains du Zimbabwe. Le rapport repose sur les témoignages recueillis par la Commission catholique Justice et paix du Zimbabwe et la Fondation des ressources juridiques, organisme de juristes qui défend les droits de l’homme.

Selon « Weekly Mail & Guardian », le rapport contient plus de 1’000 récits de massacres, de tortures, de viols autres violations des droits de l’homme, qui rappellent les atrocités du Rwanda et celles commises au Cambodge par le régime de Pol Pot. Selon le rapport, les abus en question auraient été perpétrés par les troupes du gouvernement de Robert Mugabe dans la province méridionale du Matabélé, après l’indépendance, entre 1981 et 1987.

Après son indépendance, en 1980, le Zimbabwe a été gouverné de fait par Robert Mugabe, qui en était le premier ministre. A la suite des réformes constitutionnelles de 1987, il fut élu premier président exécutif du pays, poste qu’il occupe encore aujourd’hui.

La « Five Brigade », unité de choc entraînée par les Coréens, a terrorisé les villageois dans le bastion des guérilleros de la ZAPU, organisme dissident qui s’est détaché du premier gouvernement noir du Zimbabwe.

Aux dires du « Weekly Mail & Guardian », le rapport constitue un recueil horrible d’atrocités. Il relate, par exemple, qu’après avoir rassemblé les villageois en un point central comme l’école ou le puits du village, les soldats les insultaient et les battaient, puis, bien souvent, tuaient ceux dont le nom figurait sur une liste d’exécution.

De nombreux villageois rapportent que les soldats les avaient forcés à chanter des chants célébrant le parti dirigeant de Mugabe en dansant sur les fosses communes ou venaient d’être ensevelis des membres de leur familles ou d’autres villageois tués quelques minutes auparavant.

C’est ainsi que deux filles enceintes furent fusillées et percées de coups de baïonnette; et que, exemple parmi d’autres, tous les habitants d’un village furent enlevés et battus; certains furent forcés de creuser une fosse commune et d’y descendre pour y être exécutés. 2’000 civils ont ainsi été massacrés pendant une période de six semaines. Le rapport cite le cas de deux écoliers fusillés, sous prétexte qu’ils paraissaient trop âgés pour leur classe, et celui d’un bébé de quatre mois, tué à coups de hache. Sa mère fut obligée de manger sa chair.

Le Père Oskar Wermter, porte-parole de la Conférence épiscopale du Zimbabwe (ZCBC), a déclaré après la publication de l’article dans le « Weekly Mail & Guardian », que les conclusions du rapport avaient été présentées au président Mugabe le 17 mars. Les huit évêques qui composent la ZCBC avaient auparavant promis de publier les conclusions du rapport. Le père Wermter a indiqué que les évêques ne décideraient de la publication du rapport qu’après avoir reçu une réponse du président Mugabe, mais que cette réponse n’avait toujours pas été reçue.

Le père Wermter a s’explique pas comment le rapport confidentiel avait pu être publié dans les colonnes du journal sud-africain. (apic/eni/pr)

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