Inde: les évêques catholiques prennent la défense des jeunes filles

« Journée de la jeune fille » pour lutter contre la discrimination

New Dehli, 14 mai 1997 (APIC) Les évêques catholiques indiens s’engagent pour la défense des jeunes filles. En Inde, les filles ne sont pas aimées et souffrent de discrimination, déplorent-ils. Pour provoquer une prise de conscience, l’Eglise catholique a décidé d’instaurer une « Journée de la jeune fille » le 8 septembre, jour de la nativité de la Vierge.

En raison de tabous sociaux et de l’exploitation économique, les jeunes indiennes sont victimes de discriminations frappantes, relèvent les évêques dans une déclaration publiée à New Dehli. La « Journée de la jeune fille » célébrée le 8 septembre doit permettre de rappeler combien la naissance d’une fille est une grande valeur pour le monde et la société.

Par cette démarche la conférence épiscopale entend aussi apporter son soutien à la lutte des organisations internationales contre la discrimination des filles. Les évêques prévoient également la mise sur pied dans chaque diocèse de programmes de sensibilisation.

La discrimination des filles commence en Inde dès avant la naissance. Le nombre d’avortements de foetus de sexe féminin est beaucoup plus élevé que celui des foetus de sexe masculin. A la naissance, on comptait en 1991 seulement 929 filles pour 1’000 garçons, alors que la moyenne des autres pays se situe entre 1’000 et 1’050. La pratique du meurtre des fillettes, qui ne sont considérées que comme une charge supplémentaire, est encore assez fréquente. 50% de filles indiennes, selon certaines études récentes, seraient victimes d’abus sexuels, souvent même à l’intérieur de leur famille.

Dans un message diffusé à l’occasion du 1er mai les évêques indiens lancent par ailleurs un cri d’alarme au sujet de la situation des enfants dans le pays. Ils réclament pour tous, garçons et filles, un égal accès à la nourriture, au soin de santé et à l’éducation. « Si l’Inde abandonne des millions de ses enfants à l’exploitation, à la violence et aux abus de toutes sortes, le pays court à sa perte », précise le communiqué de la Commission épiscopale, qualifiant de « consternante » la situation actuelle d’une grande partie des enfants de l’Inde.

65% de la population enfantine, soit 920 millions de personnes, souffrent de malnutrition, ce qui implique un taux de mortalité infantile très élevé. 82,2 millions d’enfants ne fréquentent pas l’école, lorsqu’ils ne l’abandonnent pas pour tenter de lutter contre la faim. Beaucoup s’adonnent alors à la prostitution, -ayant aussi à subir les sévices des pédophiles-, et cent millions d’entre eux sont employés très jeunes déjà aux travaux les plus durs, dans les mines, les usines ou les ateliers.

Les évêques imputent aux inégalités induites par l’économie de marché la responsabilité de cette situation. Elle est aggravée par l’analphabétisme, l’absence de soins de santé et la violence à l’égard des enfants « dépouillés de leurs droits de personnes humaines ». (apic/com/ma)

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