Philippines: Faillite d’une banque propriété de l’Eglise jusqu’en 1995

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Le cardinal Sin au centre d’une controverse politico-financière

Manille, 20 mai 1997 Le cardinal Jaime Sin, archevêque de Manille, au centre d’une controverse politico-financière après la faillite d’une banque gérée par l’Eglise catholique jusqu’en 1995, pourrait être entendu par la commission sénatoriale des finances. Le sénateur philippin Juan Flavier a demandé à la commission d’»inviter» le cardinal à venir s’expliquer sur les problèmes de la banque «Monte de Piedad» dont la majorité des parts appartenaient à l’archidiocèse.

La banque a fermé toutes ses succursales le 23 avril 1997, après avoir été déclarée «insolvable» à la suite de prêts hasardeux. «Le sénateur Flavier estime que le cardinal peut aider à faire la lumière sur les opérations de la banque», a indiqué Mike Mercado, porte-parole du sénateur. Celui-ci voudrait en particulier que le cardinal «éclaire» les sénateurs sur l’identité de Vincent Tan, bénéficiaire d’une décoration du Vatican et propriétaire actuel de la banque.

A la fin du mois d’avril, les journaux philippins ont rapporté des déclarations de Vincent Tan dans lesquelles il affirmait n’être pas au courant des problèmes de la banque quand l’archidiocèse lui a vendu la majorité des parts en 1995. Un article du «Manila Times» du 27 avril, affirme de son côté que le cardinal Sin, des membres de sa famille, et deux autres évêques ont mal utilisé les fonds de la banque et causé sa perte. L’article accuse une «mafia ilongo» (en référence à la ville de Iloilo, au centre de l’archipel) d’être responsable des problèmes actuels de la banque.

Le cardinal Sin s’est vigoureusement élevé contre ces allégations qu’il estime «malhonnêtes et sans fondement». Dans un communiqué de presse publié le même jour, il écrit: «Je n’ai jamais permis qu’aucun membre de ma famille puisse bénéficier matériellement ou financièrement des propriétés de l’Eglise. Mon nom et mon intégrité sont les seules choses que j’ai héritées de mes respectables parents. Jusqu’à présent et au cours des années ce sont des choses que j’ai protégées. Au début, j’étais très en colère contre mes accusateurs mais j’ai choisi de leur pardonner pourvu que la vérité puisse se faire dans cette affaire».

Le sénateur règle ses comptes?

Par la suite, Vincent Tan a porté ses parts à 90%. «Il serait étrange que quelqu’un qui achète une marchandise pour plusieurs centaines de millions de pesos n’examine pas d’abord attentivement la marchandise elle-même», constate encore le Père Villegas.

Le sénateur Flavier estime malgré tout que, avant la faillite de la banque, des groupes d’Eglise et des «clients influents» ont bénéficié d’un «délit d’initié» pour retirer leurs fonds à temps. Pour certains observateurs, les déboires du sénateur Flavier avec la hiérarchie de l’Eglise quand il détenait le portefeuille de la Santé, ne sont pas étrangers. L’Eglise s’était alors vigoureusement opposé à ses plans pour le contrôle des naissances. (apic/eda/pr)

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