Les Eglises australiennes dénoncent une campagne contre l’immigration asiatique
Sydney, 29 mai 1997 (APIC) – Les responsables d’Eglise australiens dénoncent la campagne lancée par un membre indépendant du Parlement fédéral contre la politique d’immigration à l’égard des Asiatiques, jugée trop libérale.
Ces derniers mois, les idées prônées par Pauline Hanson, hostiles aux immigrants et aux Aborigènes, ont suscité de vives réactions dans un pays qui possède une des plus grandes diversités raciales au monde. Selon un récent sondage d’opinion, le populisme d’extrême droite de Mme Hanson lui a cependant attiré le soutien d’un Australien sur quatre. Un livre, écrit par un auteur anonyme, affirme qu’en l’an 2050, l’Australie fera partie des Etats-Unis d’Asie, et sera dirigée par une présidente lesbienne du nom de «Poona Li Hung».
La semaine dernière, les responsables de grandes Eglises australiennes-, entre autres les Eglises anglicane, catholique-romaine, unie, les Eglises du Christ, l’archidiocèse grec-orthodoxe, l’Eglise apostolique arménienne, l’Eglise orthodoxe copte, l’Eglise orthodoxe assyrienne, l’Eglise orthodoxe d’Antioche, l’Armée du Salut, et la Société des Amis-, ont exhorté les chrétiens à repousser les «voix qui appellent au racisme et à la haine».
Les onze chefs d’Eglise ont publié, par le biais du Conseil national des Eglises d’Australie, une lettre pastorale commune, fait sans précédent, demandant aux chrétiens de s’ériger contre les «mensonges qui prétendent être la vérité».
«Dans le climat actuel, nous, qui nous prétendons chrétiens, avons la responsabilité de faire en sorte que nos attitudes et engagements en tant que citoyens soient inspirés par la foi que nous professons.»
La lettre, qui sera distribuée dans les paroisses du pays, évoque les sentiments d’incertitude, de doute, d’angoisse, voire de crainte qui règnent dans le pays. Des divisions graves sont apparues au sein de la communauté . Le malaise est entretenu par un certain nombre de facteurs qui sont le rythme du changement, les inégalités marquées et croissantes ainsi que le sentiment répandu que les décideurs sont éloignés des difficultés des gens.»
«Lorsque les emplois, l’argent et les services semblent diminuer, la compassion, la générosité et le respect des autres peuvent facilement aussi faiblir. Les voix qui appellent au ressentiment, au racisme et à la haine reçoivent une attention que les Australiens ne leur accorderaient pas en temps normal. Nous appelons les chrétiens à aimer la riche diversité des identités ethniques de notre pays et à résister à l’idée que tout groupe migrant peut être tenu responsable des problèmes de la nation.»
La déclaration exhorte aussi les chrétiens à «soutenir les Aborigènes d’ Australie, sans aucun doute le groupe le plus de favorisé du pays».
En septembre dernier, dans son premier discours devant les membres du parlement, Pauline Hanson avait demandé que la migration soit freinée et avait averti que l’Australie risquait d’être submergée par les Asiatiques. Pauline Hanson souligne que le pourcentage des asiatiques a augmenté dans la société australienne ces dernières années, même si ses détracteurs notent qu’ils ne représentent qu’une petite minorité de la population australienne composée de 18 millions d ’habitants.
Pauline Hanson a répondu aux onze responsables d’Eglise qu’ils devraient s’en tenir à leur rôle d’hommes d Eglise et ne pas s’ingérer dans les affaires politiques. (apic/eni/aa)
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