Une visite du pape est désormais envisageable

Roumanie: un pays latin candidat à l’Europe

Rome, 17 avril 1997 (APIC) Jean-Paul II a reçu en audience jeudi Adrian Severin, ministre des Affaires étrangères de Roumanie, arrivé le 16 avril à Rome pour une visite de quatre jours en Italie. L’occasion, semble-t-il, d’inviter le pape dans son pays. Une visite qui est désormais envisageable, confirme de son côté le métropolite orthodoxe du Banat.

Avant son départ de Roumanie, Adrian Severin avait annoncé son intention d’inviter le pape dans son pays, les autorités orthodoxes ne s’opposant plus à ce voyage. Rien n’a filtré à ce sujet après l’audience. Mais le ministre compte aussi sur son séjour en Italie pour trouver des appuis pour la candidature de la Roumanie à l’entrée dans la Communauté européenne et à l’Alliance Atlantique. Il doit signer un accord de «Partenariat spécial» avec l’Italie. Le ministre représente en effet un gouvernement néo-centriste, vainqueur des communistes aux élections de novembre 1996, qui compte fortifier sa position à l’Ouest.

Du point de vue religieux, les orthodoxes représentent 86 % des 22 millions de Roumains. La communauté catholique est composée en majorité de gréco-catholiques (rite byzantin), soit 1,2 millions de personnes, auxquelles s’ajoutent quelque 223’000 catholiques de rite latin, pour la plupart d’origine allemande, hongroise ou croate.

Les gréco-catholiques, interdits par les autorités communistes mais de nouveau légalisés en 1989, attendent toujours la restitution de quelque 2’500 églises et autres biens confisqués par les communistes et donnés aux orthodoxes. Une pomme de discorde entre les deux églises, notamment en Transsylvanie, où elle donne lieu parfois à de sérieux affrontements.

Une réconciliation entre les orthodoxes et les gréco-catholiques est une des conditions sine qua non à une visite du pape, dit-on au Patriarcat orthodoxe de Bucarest. Métropolite orthodoxe du Banat, dans la région de Timisoara (ouest du pays), depuis 1962, Mgr Nicolae Corneanu, 80 ans, se montre plus confiant, et il ne croit pas au «péril catholique». Il est le seul parmi ses pairs à avoir rétrocédé aux catholiques la plupart de leurs anciennes églises. «Les gréco-catholiques avaient été interdits, comme en Ukraine deux ans plus tôt, parce qu’ils reconnaissaient l’autorité du pape, qui vivait dans un pays capitaliste, explique-t-il. Dans cette affaire et dans d’autres, le régime communiste a réussi à ternir les relations entre les communautés. Nous avons collaboré, c’était pour nous la seule chance de survivre. Moi même j’ai fait beaucoup de compromis.»

Le métropolite du Banat est aujourd’hui considéré par les catholiques comme le «champion de l’oecuménisme». Pour lui, la visite du pape serait une occasion de «travailler au rapprochement entre chrétiens d’ici à la fin du millénaire». Il ne néglige pas non plus le bénéfice de cette visite du point de vue de «l’intégration européenne» de son pays, le seul en Europe de l’est dont la langue et la culture sont d’origine latine, relève-t-il. (apic/cip/imed/pr)

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