Berne : 50e Assemblée de la Fédération suisse des femmes protestantes
Berne, 21 avril 1997 (APIC) Le partage du travail et les conditions nécessaires au changement ont été au centre de la réflexion des représentantes de la Fédération suisse des femmes protestantes FSFP), réunies le week-end dernier à Berne dans le
cadre du 50e anniversaire de la FSFP. Les déléguées ont notamment décidé de soutenir l’initiative pour une répartition équitable du travail, dont la récolte de signatures commencera en mai.
Les représentantes de la FSFP se sont en effet attelées à une réflexion sur le partage du travail. Comment répartir plus équitablement le travail entre femmes et hommes? Comment trouver un meilleur équilibre entre travail salarié et travail bénévole? Comment promouvoir le travail à temps partiel? Telles ont été les questions au centre des débats.
Pour marquer ce 50e anniversaire, le Comité de la Fédération a organisé une table ronde pour tenter de répondre à ces question, autour d’une brochette de spécialistes.
Selon les intervenantes, pour mettre en place un autre système, il faut diminuer le temps de travail rémunéré, assurer l’égalité des salaires et abolir la ségrégation sur le marché du travail. Puis il faut favoriser les conditions rendant le partage possible, estiment les femmes protestantes. Pour trop de gens, un travail à temps partiel n’est tout simplement pas envisageable du point de vue économique – l’un des deux partenaires ne gagne pas assez.
Pour les femmes protestantes, la diminution du temps de travail devrait aussi amener les hommes à consacrer plus de temps aux tâches ménagères. L’indépendance financière de la femme permettrait de revendiquer davantage de participation de la part du mari pour l’éducation des enfants et le ménage.
Autre point développé : La mauvaise situation économique rend la situation des femmes plus précaire, en particulier celles dont les salaires sont trop bas pour cotiser au deuxième pilier et celles qui travaillent « à l’appel ». Souvent les femmes n’ont pas le choix d’un travail à temps partiel; elles sont exploitées sans protection suffisante, ont constaté les oratrices. Et tous les changements prennent du temps. Même si l’on parle depuis près de vingt ans d’une autre répartition du travail, il y a encore un fossé entre la théorie et la réalité. Il faut du temps pour organiser des postes de travail à temps partiel dans une entreprise, pour faire tomber les réticences, pour clarifier les relations et les compétences. Selon les femmes protestantes, il serait également souhaitable que davantage d’hommes acceptent de travailler moins. Peut-être que la réduction générale du temps de travail résoudrait plus de difficultés que les postes à temps partiel. Au terme de ce débat, la question est restée ouverte.
Soutien à l’initiative populaire
La FSFP a décidé de soutenir l’initiative pour une répartition équitable du travail, dont la récolte de signature débutera en mai. D’autre part, chacune des membres est invitée à soutenir les nouveau modèles familiaux non traditionnels et à se plonger dans la réflexion du modèle proposé par Hans Ruh. En tant qu’association, ont conclu les participantes, la FSFP peut aussi élaborer des projets et de nouveaux modèles de répartition des rôles, ainsi que lancer des actions de soutien aux victimes de discrimination. (apic/spp/pr)
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