Bruxelles: Action des chrétiens pour l’Abolition de la Torture
Bruxelles, 22 avril 1997 La FIACAT (Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) fête cette année son dixième anniversaire. L’occasion pour sa section belge de faire un bilan et d’inviter ses 40.000 membres à se mobiliser en vue de la célébration à Paris, en 1998, du 50e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
En 1974. Hélène et Edith du Tertre, membres de l’Eglise Réformée de France, entendent parler de la torture au Vietnam. « Et nous, Eglise de Jésus-Christ, que faisons-nous contre un tel fléau ? » Sans être des spécialistes, sans mandat particulier, elles décident de réagir en invitant immédiatement des chrétiens catholiques et orthodoxes à se joindre à elles: l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) est née.
En complémentarité avec d’autres organisations non gouvernementales, et tout spécialement Amnesty International, l’ACAT veut sensibiliser tous les membres des communautés chrétiennes au scandale de la torture. Il faut agir pour sauver des prisonniers torturés, prier avec eux et pour eux, partager la parole de Dieu au cœur de la nuit tortionnaire, se former aux droits de l’Homme, interpeller les pouvoirs politiques et autres.
Suite à la naissance d’autres ACAT, une Fédération Internationale, la FIACAT, est créée en 1987 à l’initiative des dix ACAT existantes, qui organise la communication entre les ACAT et, à l’aide de son statut officiel, prolonge les actions nationales et les portant devant l’ONU, le Conseil de l’Europe et la Commission Africaine.
Trois grands enjeux
Aujourd’hui, 27 ACAT ont été créées sur quatre continents, qui totalisent près de 40’000 membres. Avec la FIACAT, elles développement leurs actions en privilégiant trois enjeux principaux:. Participer au renforcement de l’opinion publique mondiale est le premier objectif. Des milliers de groupes se créent, y compris dans les pays de répression et de totalitarisme. La grande nouveauté réside dans l’alliance entre ces groupes dont l’action se trouve démultipliée.
Participer au grand débat contemporain sur la personne humaine constitue le deuxième enjeu. Cette question se trouve au cœur de toutes les questions: l’économie est-elle au service de l’homme ? comment la personne participe-t-elle à la vie politique ? qu’est-ce qu’un traitement inhumain, interdit par la loi mondiale ? Les ACAT veulent contribuer à ce qu’une parole d’amour et d’espérance soit dite sur l’homme – non un discours dogmatique.
Inviter les Eglises à répondre aux questions des hommes d’aujourd’hui est le dernier but.
« Avec » les Eglises
Par sa dimension chrétienne, l’ACAT a une responsabilité toute spéciale auprès des Eglises. Non pas contre, mais avec les Eglises, les responsables hiérarchiques, les moines et moniales, les croyants sur le terrain… L’ACAT rappelle la nécessité d’un véritable progrès vers l’unité entre les chrétiens et propose une démarche commune. Face à la tentation contemporaine des Eglises de se replier sur elles-mêmes et leurs certitudes, elle invite à l’ouverture aux autres, tous les torturés, êtres et peuples qui appellent. Pour que la réponse des Eglises soit celle d’un engagement pour la justice sans lequel le discours sur la charité est hypocrisie. Pour que les Eglises sachent écouter le monde, ses jeunes, et qu’ensemble soient tracés des chemins de réconciliation.
Des initiatives diverses
En juin 1995, à Münster (Allemagne), les ACAT se sont rencontrées autour de questions graves: « Impunité ? Justice ? Pardon ? ». Après un séminaire qui a réuni des représentants d’ACAT ou de mouvements de 17 nationalités d’Europe du 6 au 9 mars dernier à Budapest, et à la veille d’une session de formation à Yaoundé (Cameroun), la FIACAT veut donner toute son importance à la formation et à l’échange, à la fois entre ACAT, mais aussi avec d’autres organisations engagées dans la défense des droits de l’homme.
La FIACAT sera présente au 2e Rassemblement Œcuménique Européen qui aura lieu à Graz en juin prochain (conférence, stand et « Espace de l’intolérable »). En ce moment, la FIACAT met sur pied une session de formation aux droits de l’homme qui réunira à Yaoundé, du 14 juillet au 2 août, une cinquantaine de formateurs africains. C sera l’occasion de faire travailler ensemble des gens engagés dans des équipes sur place, dans différents pays africains, en un lieu de partage et d’apprentissage.
Actuellement, la République d’Afrique du Sud vit une expérience spécifique suite à la mise sur pied d’une Commission « Vérité et Réconciliation », présidée par Mgr Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix et ancien archevêque anglican du Cap – nombre d’anciens dirigeants sud-africains nient en effet être responsables des crimes de l’apartheid et estiment n’avoir rien fait qui justifie des excuses ou une demande d’amnistie. Cette Commission doit poursuivre son travail au moins jusqu’en août de cette année, et la FIACAT désire encourager les artisans de cette démarche par un campagne de soutien afin qu’ils aillent jusqu’au bout de leur mission.
Toutes les FIACAT se mobilisent aussi pour célébrer le 14 novembre 1998 à Paris le 50e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, signée par l’ONU en 1948. L’occasion d’interpeller les communautés chrétiennes sur la place qu’elles donnent aux droits de l’homme dans leurs Eglises et sur ce qu’elles font pour s’y engager. (apic/cip/mp)
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