« Les fruits de Graz sont déjà là ! »
Bruxelles, 29 avril 1997 (APIC) Le pasteur suisse Jean Fischer, secrétaire général de la Conférence des Eglises Européennes (KEK), est satisfait, « Les fruits de la réconciliation sont déjà là », estime-t-il. deux mois avant le 2e rassemblement oecuménique européen à Graz en Autriche Invité, le 26 avril, au rassemblement national des protestants belges, à Oteppe Jean Fischer a fait le point de la préparation.
Selon les derniers chiffres, on attend à Graz du 23 au 29 juin entre 6.000 et 8.000 participants pour le deuxième grand rassemblement œcuménique européen, qui aura pour thème : « Réconciliation, don de Dieu et source de vie nouvelle ». La KEK et le Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE), qui ont convoqué ce rassemblement, l’ont voulu largement ouvert: à côté des 700 délégués officiels, diverses associations seront représentées sur place et de nombreux chrétiens auront fait le déplacement à titre personnel.
« Il y aura peu de vedettes, insiste J. Fischer. Dans tous les lieux, la parole sera d’abord donnée à des témoins : priorité à des expériences de réconciliation. Le rassemblement de Graz n’a pas pour but de produire un document. Il privilégiera la rencontre et le dialogue. Certes, il y aura un message à approuver. On attend surtout que les groupes de travail formulent des propositions d’actions communes pour les Eglises ! L’après-Graz devra être nourri de toutes les militances restées en alerte. C’est pourquoi des réunions sont aussi prévues à Graz pour les délégations nationales : il importe que les participants repartent motivés avec des objectifs qu’ils auront eux-mêmes définis ! »
Les premiers fruits
A travers l’Europe, le rassemblement de Graz a été préparé de manière diverse. Comment en serait-il autrement ? Le problème numéro un des Bulgares, observe Jean Fischer, n’est pas Graz, mais: la nourriture ? En Bulgarie, on trouve de tout, mais au même prix qu’en Suisse, alors que les vieux ne reçoivent qu’une pension de trois dollars par mois ! »
Le rassemblement de Graz amènera-t-il les Eglises à jouer un rôle plus efficace dans la résolution des conflits entre Européens ? « C’est un des objectifs, mais il y a des cercles de pouvoir sur lesquels les Eglises n’ont pas prise. Une parole d’Eglise a moins d’impact auprès des milices que leurs activités lucratives. Il est vrai que les Eglises doivent aussi apprendre à sortir de captivité, à ne pas se laisser enfermer dans des réflexes nationalistes, ni piéger par des tentatives de récupération politique. Une fois encore, cependant, on se fait souvent des illusions sur l’influence des autorités ecclésiales auprès de leurs fidèles. »
Jean Fischer se plaît surtout à montrer que « les fruits de Graz sont déjà là ». « Ainsi, le patriarche orthodoxe Teoctist de Roumanie a proposé aux grecs-catholiques de son pays de se réunir avant Graz pour régler les différends entre les Eglises. En Italie, le 17 février dernier, trois évêques ont participé au culte anniversaire que les réformés vaudois ont célébré, 149 ans après la reconnaissance de leur liberté par l’Etat italien. A cette occasion, les évêques ont adressé aux Vaudois, au nom de l’Eglise catholique, une demande de pardon pour les persécutions infligées dans le passé.
Encourager le témoignage commun
Depuis dix ans, tout comme le CCEE, la KEK se soucie beaucoup de l’évangélisation dans une Europe gagnée par la sécularisation. « Toutes les questions de la mission ont pu être abordées comme problème commun », se réjouit J. Fischer. « Il s’agit, en effet, d’encourager le témoignage commun des Eglises, non leur compétition ! ». Le secrétaire général de la KEK ne cache pas, toutefois, que ce souci de l’évangélisation a parfois été assumé de façon « naïve », comme si les chrétiens de l’Est, par exemple, n’avaient pas toujours été à l’œuvre. Il ne pouvait en résulter que des tensions ou des dérives : « Il n’est pas évident, pour des luthériens de Finlande de travailler avec des orthodoxes russes en mission le long de la Volga ! »
D’où ce constat de J. Fischer : « L’ouverture à l’Europe de l’Est a suscité un certain recul œcuménique. Les malentendus ont provoqué, d’une Eglise à l’autre, des réaffirmations d’identité et des raidissements contre l’œcuménisme. » Là réside justement le défi du témoignage commun : « Ne pas donner l’image d’une Eglise divisée, ou pire, en lutte ! » (apic/cip/mp)
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