Un programme éreintant attend le pape en Pologne

Pologne: Congrès Eucharistique International de Wroclaw

Rome, 29 avril 1997 (CIP) Jean-Paul II conclura le 46e Congrès eucharistique de Wroclaw le 1er juin prochain, au début de sa 5e visite pastorale en Pologne (31 mai-10 juin). C’est un programme éreintant que attend le pape pour sa septième visite dans sa patrie.

«Eucharistie et liberté» est le thème du Congrès Eucharistique qui se déroulera du 25 mai au 1er juin à Wroclaw. L’objectif, a expliqué à Radio Vatican Mgr Gaetano Bonicelli, président du comité italien, est de «promouvoir la valeur de la liberté par l’eucharistie sur la base du pardon et de l’amour». «Les Polonais ne sont pas les seuls à avoir besoin de liberté et de responsabilité», a-t-il ajouté, c’est le cas de toute personne désirant s’engager contre l’individualisme qui domine dans la société contemporaine. Le pape célébrera aussi au cours de ce voyage le millénaire du martyre de saint Adalbert, comme il l’a fait à Prague les 25-27 avril derniers, le 600e anniversaire de la faculté de Théologie de l’Université Jagellon de Cracovie et 4 béatifications et canonisations.

Un programme «massacrant» attend le pape, souligne dans le quotidien «La Repubblica» le journaliste italien Marco Politi, qui a été frappé par la fatigue de Jean-Paul II à l’issue de ses trois jours en République Tchèque. En effet, le pape sera à Wroclaw le 31 mai après-midi, le 2 juin à Legnica, Gorzow, puis Gniezno, le 3 juin à Poznan, le 4 à Kalisz, puis Chestokowa et Zakopane, o| il restera jusqu’au 7 juin, avant de partir pour Ludzmierz et Cracovie. Il sera le 9 juin à Dukla, le 10 à Krosno, avant de revenir à Cracovie pour rentrer à Rome. (cip-imed/ba)

Rwanda: une laïque belge tuée avec une vingtaine de ses élèves

Griet Bosman y a vécu 37 ans comme «auxiliaire de l’apostolat»

Bruxelles, 29 avril 1997 (APIC) Une laïque belge de 62 ans, Griet Bosman, ainsi qu’une vingtaine de jeunes filles ont été tuées par des hommes armés dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 avril, à Muramba, au nord-ouest du Rwanda. Les jeunes filles étaient pensionnaires de l’internat lié à l’Ecole normale dirigée par Griet Bosman .

Griet Bosman a été tuée à bout portant, alors qu’elle s’était interposée pour protéger ses élèves, surprises en pleine nuit par leurs agresseurs.

Griet Bosman était au service du diocèse rwandais de Nyundo comme «auxiliaire de l’apostolat». Les auxiliaires de l’apostolat, qui ne sont ni des religieuses ni des membres laïques d’un Institut de vie consacrée, ont choisi de mettre toute leur vie au service d’une Eglise locale en réponse à l’appel d’un évêque. C’est l’appel d’un évêque, valorisé dans le cadre d’une eucharistie, qui établit chacune personnellement dans une vie apostolique engageant toute l’existence, sans pour autant se concrétiser par des voeux religieux. Les auxiliaires de l’apostolat ont été fondées par le cardinal Mercier, archevêque de Malines de 1906 à 1926.

La santé de Griet Bosman, qui était originaire de la région de Louvain, la contraignait à rentrer au moins une fois par an en Belgique pour un suivi médical. Son dernier retour au Rwanda datait du 13 janvier dernier. Elle avait déjà donné 37 années à ce pays.

Lorsque se produisirent les premiers massacres en avril 1994, Griet Bosman, en visite à Kigali, ne put regagner Muramba, entre Gisenyi et Ruhengeri. Malgré son désir de rester sur place, elle fut contrainte de quitter le pays. Ne pouvant y rentrer dans l’immédiat, elle choisit d’abord de se mettre au service des réfugiés dans les camps de Goma au Zaïre. Par la suite, elle put retourner à Muramba.

Griet Bosman savait les risques qu’elle courait, surtout depuis qu’elle avait assisté, le 19 mars dernier, à un massacre de jeunes dans l’école secondaire de Nyunge, près de Kibuye, au sud-ouest du pays, en bordure du lac Kivu. Après huit heures du soir, des hommes armés de fusils, de grenades et de machettes, avaient fait irruption dans l’école et forcé les élèves à se répartir en deux groupes, selon leur appartenance ethnique. Selon le témoignage même de leur directrice, les jeunes hutues et tutsies avaient aussitôt protesté : «Nous sommes toutes des Rwandaises !» Les agresseurs réagirent en tirant sur le groupe, tuant sur-le-champ cinq élèves et une surveillante, et en blessant dix-sept autres grièvement. Depuis l’attaque a été mise sur le compte de soldats des anciennes Forces Armées Rwandaises. «J’espère que nous n’aurons jamais à souffrir de telles atrocités !», écrivait il y a un mois Griet Bosman, en racontant cette attaque dans une lettre envoyée à un missionnaire revenu en Belgique. Mais elle redisait aussi son espérance devant «le sang des martyrs versé pour l’unité». La récente attaque de l’Ecole de Muramba s’est passée selon un scénario analogue.

Le mode de vie discret des Auxiliaires de l’Apostolat a inspiré de nombreuses Rwandaises. Avant les événements tragiques de 1994, on estimait à 180 le nombre d’Auxiliaires dans le pays, dont une bonne partie dans le diocèse de Nyundo. Quarante ont péri durant les massacres et plusieurs y ont laissé le témoignage de femmes sacrifiant leur vie pour les autres. (apic/cip/mp)

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