Belgique: Les évêques réagissent au rapport d’enquête sur les sectes
Bruxelles, 30 avril 1997 (APIC) La clôture du rapport de la Commission d’enquête parlementaire sur les sectes et la publication conjointe d’une liste de 189 mouvements sectaires – dont l’Opus Dei – n’ont pas laissé les évêques de Belgique sans réaction. Sans contester les droits du parlement ni du pouvoir judiciaire, ils s’étonnent du «caractère vague» donné au mot «secte» et de l’amalgame qui en résulte. Le manque de clarté ne risque-t-il pas, se demandent-ils, d’avantager les mouvements vraiment sectaires ?
Le rapport rédigé par la Commission d’enquête parlementaire sur les sectes est le fruit de treize mois de travaux et de 130 auditions. Il a été adopté à l’unanimité moins une voix par les onze membres de la Commission instituée fin mars 1996 et «chargée d’élaborer une politique en vue de lutter contre les pratiques illégales des sectes et le danger qu’elles représentent pour la société».
Les 670 pages du rapport s’accompagnent d’une liste de 189 noms de mouvements cités comme «sectaires» devant la Commission, soit par des services officiels de l’Etat, soit par des témoins entendus sous serment. Dans cette liste figurent notamment «l’Ordre du Temple Solaire», dont une septantaine d’adeptes ont été découverts «suicidés» ces dernières années, ou encore «l’Eglise de Scientologie», dont le nom a été mêlé au moins à une affaire d’escroquerie portée devant les tribunaux. Mais la liste cite également «l’Opus Dei», ou encore la «Communauté Saint-Egide», qui ne doit sa présence en compagnie de mouvements réputés «dangereux» que parce que son nom a été recopié «par erreur» dans un rapport, a reconnu un gendarme.
La réaction des évêques
C’est à la vue de ces voisinages troublants que les évêques de Belgique soulignent, dans un communiqué publié le 30 avril: «Les évêques reconnaissent le droit du parlement d’examiner les groupements à tendance sectaire qui pourraient être de nature à porter atteinte aux droits des citoyens. Ils ont bien conscience que les sectes peuvent être dangereuses et ils reconnaissent en conséquence que le pouvoir civil peut engager des poursuites contre les délits punissables par la loi quels que soient le lieu ou le moment où ils se produisent. Au-delà de ces limites légitimes, ils demandent que la liberté de religion, d’association et de conscience soit entièrement respectée.
«Ils marquent leur étonnement à l’égard du caractère vague du concept de secte utilisé dans le rapport. Ils ne peuvent marquer leur accord sur le fait de regrouper dans une même liste des associations et mouvements de natures très diverses. On crée ainsi un amalgame irresponsable entre des réalités qui ne peuvent être reprises sous un commun dénominateur. «C’est la mission des évêques de veiller à ce que les associations approuvées par l’Eglise soient fidèles à l’esprit de l’évangile et restent en communion avec l’Eglise catholique. Ils prennent leurs responsabilités sur ce point et encouragent tous ceux qui, au sein de ces mouvements ou groupes, s’engagent à suivre le Christ et à servir l’Eglise et la société. Ils ne peuvent assumer cette responsabilité à l’égard de groupements qui n’ont reçu aucune approbation ecclésiastique ou qui l’usurpent.
«Ils font remarquer à ce sujet qu’un discrédit ou un soupçon injustifié jeté sur l’Eglise et les mouvements qu’elle approuve, a pour seul effet d’encourager davantage les sectes qui méritent véritablement ce nom. Elles peuvent alors en toute sécurité se cacher dans une zone d’ombre et profiter injustement du fait d’être mentionnées en compagnie de gens qui n’ont rien à voir avec les sectes.
Créer une nébuleuse grâce à laquelle les sectes reçoivent une position plus avantageuse ne peut évidemment pas avoir fait partie des objectifs d’une commission qui a tenté d’apporter la clarté dans le dossier des sectes». (apic/cip/pr)
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