Suisse : La campagne de l’ACAT contre la Peine de mort

Apic – Dossier

La lente marche vers l’abolition

Berne, 7 avril 1997 (APIC) En mai 1995, les autorités du Kazakhstan retransmettaient à la télévision l’exécution d’un meurtrier. Le but était clair : prévenir le crime en effrayant les criminels potentiels. Un exemple parmi tant d’autres, que cite le bulletin de la COTMEC INFO , dans le cadre de la campagne de l’ACAT (l’Action des Chrétiens pour l’abolition contre la torture).

Des milliers de détenus sont chaque année fusillés, pendus, empoisonnés, électrocutés, décapités, lapidés. En public ou à huit clos, pour des crimes graves ou bénins. Par des régimes sanguinaires ou des démocraties bien établies, afin de prévenir, de châtier, de venger ou réprimer.

La peine de mort est aussi vieille que l’histoire. Les Hébreux, les Grecs, les Romains y recourent allègrement. Du Moyen-Age au siècle des Lumières, sous toutes les latitudes, sous toutes les formes, la peine capitale fait partie de l’arsenal de la justice, privée ou étatique. Sans être vraiment remise en question. C’est alors qu’arrivent Beccaria, Guizot, puis Hugo et Camus. C’est alors que prennent corps la notion de droits de l’homme, les grandes déclarations et les conventions internationales. Depuis deux siècles, la cause abolitionniste progresse, petit à petit, pays par pays. Aujourd’hui, une centaine d’Etats se sont débarassés, en droit ou en fait, de la peine capitale. En 1995, pour la première fois, ces pays sont plus nombreux que ceux qui conservent le châtiment suprême. Et la tendance continue de s’affirmer.

Début de siècle mouvementé

Pourtant, l’histoire de la première moitié du siècle ne permet pas d’être optimiste. L’exemple le plus frappant est celui des purges staliniennes de la fin des années 30, débouchant sur des centaines de milliers d’exécutions. Seule l’Amérique latine fait un pas important, au tournant du siècle, en direction de l’abolition. En Europe occidentale, il faut attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour que le mouvement se mette vraiment en marche : entre 1947 et 1954, une dizaine de pays abolissent la peine de mort, du moins pour les crimes ordinaires, rejoignant ainsi les quatre ou cinq Etats qui l’avaient déjà rejetée.

En Europe de l’Est et dans les républiques de l’ex-URSS, c’est la fin du communisme qui permet des progrès signifiants : les anciens pays satellites de l’empire soviétique ont tous aboli la peine de mort ou imposé des moratoires sur les exécutions. Certains des pays de la communauté des Etats indépendants prennent le même chemin : c’est d’ailleurs une condition qui leur est imposée pour entrer au Conseil de l’Europe. Le continent européen est aujourd’hui de facto quasiment débarrassé de la peine capitale.

En tête du palmarès : Au Sud la Chine, au Nord les Etats-Unis

Il n’en vas pas de même de l’Afrique, de l’Asie et des pays de tradition musulmane, où la majorité des Etats ne se privent pas pour mettre à mort leurs délinquants et leurs opposants. Avec ces exécutions par centaines, voire par milliers, la Chine arrive loin devant des pays comme l’Iran, l’Irak et le Nigéria. Et que dire du > : les Etats-Unis d’Amérique et leurs 3’000 condamnés à mort ?L’application de la peine capitale à des mineurs, la discrimination dont est victime la minorité noire et le soutien massif de la population aux théories et aux pratiques les plus répressives isolent ce pays au sein du monde occidental.

Depuis quelques années, le rythme des exécutions s’emballe malgré les arguments les plus valables : l’absence d’effet dissuasif, les risques d’erreur judiciaire, la légitimation de la violence par l’Etat comme solution pour justement combattre la violence. Seul espoir de voir la peine de mort régresser : son coût pour la collectivité. Selon les Etats, mener à terme une exécution (et cela prend en moyenne 11 ans) revient entre deux et trois fois plus cher que l’emprisonnement à perpétuité, sans possibilité aucune de libération. La chaise électrique ne risque pas d’être détrônée par humanisme, mais pour des considérations économiques et financières.

Nouveau Catéchisme : L’Eglise catholique devra revoir sa copie

De son côté, l’Eglise catholique évolue également. Dans son catéchisme universel, version 1992, elle reconnaît

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