A quoi ressemble un ouvrier croyant en 1997 ?

France : qui sont les membres de l’Action catholique Ouvrière ?

Paris, 10 avril 1997 (APIC) L’Action Catholique Ouvrière (ACO) vient d’achever une grande enquête intitulée qui vise à mieux connaître ses adhérents et à anticiper les évolutions internes du Mouvement. Les résultats, présentés mercredi à la presse, seront publiés dans l’hebdomadaire , partenaire de cette opération.

Confiée au cabinet , filiale du groupe IPSOS, cette enquête a été réalisée à partir d’un questionnaire envoyé à 1015 membres de l’ACO. En outre, 30 de ses membres, répartis en trois groupes de 10, ont participé à des entretiens collectifs de 3 heures chacun. Il ressort principalement que la moitié des membres de l’ACO est syndiquée, 72% l’étant à la CFDT. Ils sont moins jeunes, 56% ayant plus de 50 ans (dont 18% plus de 65 ans) contre 36% seulement en 1986. 33% ont entre 35 et 50 ans (47% en 1986) et seulement 7% ont moins de 35 ans.

Les leviers d’adhésion à ce mouvement aujourd’hui relèvent plus de la référence au partage – de vie et spirituel – via notamment les réunions dites de qu’à l’attachement au monde ouvrier. La mission de de celui-ci n’est plus première, changements sociologiques et désenchantement par rapport à la possibilité de changer le monde obligent. Même si l’ACO entend rester fidèle à ses engagements fondamentaux : en un mot, aider les hommes à être ensemble les acteurs de leur vie.

Il apparaît nettement que l’appartenance à l’ACO permet d’être en Eglise tout en tenant un discours critique vis-à-vis d’elle. Pour beaucoup, l’équipe ACO est même leur seul lieu d’Eglise, avec un attachement marqué à la présence d’un aumônier. Pierre Flament, l’actuel président, constate du reste et déplore que les responsables d’équipes ACO sont trop peu plébiscités, au profit des prêtres. Ce qui n’est pas sans poser question pour l’avenir eu égard à la crise des vocations.

L’autre défi pour demain, c’est le net clivage entre les anciens et les jeunes. Ces derniers sont beaucoup moins militants que leurs aînés, tiennent à consacrer plus de temps à leur vie familiale et privée, ils revendiquent moins directement l’identité catholique et les contours de leur foi sont plus fluctuants.

Par contre, ce qui est commun à tous les membres de l’ACO, c’est que la structure d’équipe leur paraît très enrichissante. Elle est un moteur important de leur vie, tant privée que professionnelle. A l’ACO, ils se réapproprient leur quotidien parce qu’ils peuvent mettre ensemble des mots sur un vécu qui est de plus en plus de souffrance.

A partir de ces résultats, le mouvement va organiser une réflexion sur son avenir dans le cadre de la préparation de la rencontre nationale de Toulouse les 8, 9 et 10 mai 1998. A cette occasion près de 900 membres de l’ACO voteront en effet les orientations de leur Mouvement pour les années 1998-2002.

Carte d’identité de l’ACO en France

16’000 membres répartis en 2’300 équipes, 315 comités de secteur, 90 comités diocésains, un comité national composé de 50 élus, dont 7 secrétaires nationaux. (apic/jcn/fd)

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